Maîtresse Alexandra

Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 06:00

00 01Bonjour,

Je m’appelle Béatrice. Je suis une jeune soubrette ingénue et perverse, dévouée corps et âme à sa maîtresse. Voilà maintenant dix ans que je suis à son service. Dix ans d’aventures dont je souhaiterais vous faire partager les épisodes les plus marquants en vous racontant mon histoire.

Une histoire qui aurait pu ne jamais exister s’il ne m’avait pas été donné de rencontrer un jour Maîtresse Alexandra, la célèbre dominatrice SM qui a illuminé les scènes pari00 02siennes et internationales de toute sa personnalité et de toute son élégance au cours de ces dernières années. Avec quelques autres « happy few », j’ai eu l’immense privilège de faire partie de son cercle d’intimes.

Si je devais résumer le souvenir que je conserve d’elle, je retiendrais trois images : de beauté, d’intelligence et d’humour.

De beauté, tout d’abord. Une beauté solaire. Absolue. Celle d’une femme à la fois singulière et plurielle. Inoubliable. La grâce et l’élégance élevées à leurs plus hauts niveaux, comme en témoignent les nombreuses photos (180) jointes à ce blog et présentées dans deux albums :

• Album Christophe Mourthé (00 03et autres sources)

• Album Bruno Galant    

D’intelligence, ensuite. Une intelligence intuitive, alliée à un sens aigu de l’observation et de l’analyse psychologique, qui lui permettait d’évaluer rapidement son partenaire, de mesurer son degré de motivation, de démêler ses forces et ses faiblesses, de percer à jour ses fantasmes, de le mettre en confiance sans lui donner le sentiment d’être jugé, et de jouer vrai elle-mê00 04me, dans le ton, sans avoir à forcer son talent. Une intelligence du cœur aussi, car à la ville comme à la scène, elle était d’une grande générosité, accueillante et attentive aux autres.  

D’humour, enfin. Notre entente était parfaite sur ce point et nous avons fréquemment partagé des moments de fous rires irrépressibles. Car l’une comme l’autre, nous prenions un malin plaisir à nous surprendre. Il faut reconnaitre qu’Alexandra était dotée d’un sens extr00 05aordinaire de l’improvisation. Personne mieux qu’elle ne savait habiter complètement son personnage de l’intérieur, recréer une atmosphère, un décor. Le rêve prenait alors subitement toute la consistance de la réalité. Il n’y avait plus qu’à se laisser guider… C’est ainsi, au fil de nos rencontres, qu’a pris forme le personnage de Béatrice.  

L’histoire de « Béatrice » a donc elle aussi une histoire. Elle n’a pas été inventée après coup. Elle s’appuie au contraire sur tous les petits textes que j’ai pris soin de rédiger avant ou après chacune de mes visites. Alexandra s’en inspirait le plus souvent - mais pas toujours - pour développer le scénario de nos jeux. Rétrospectivement, il me semble que 00 06nos deux imaginaires se complétaient parfaitement. Fruit d’une forte complicité et presque écrite à quatre mains, pourrait-on dire, la série braque le projecteur sur le personnage de Béatrice, mais à mes yeux, c’est Maîtresse Alexandra qui en déroule le fil rouge et qui en tient le rôle principal.  

Celle-ci m’a fait l’honneur et le plaisir de publier les premiers épisodes sur son site. Prenant le relais à sa suite, il m’a semblé opportun de présenter mon histoire dans un format interactif et accessible au plus grand nombre. L’idée m’est ainsi venue de créer un blog. J’y ai vu le moyen de garder vivant le souvenir de cette femme exceptionnelle qui nous a malheureusement quittés trop tôt, et de lui offrir00 07 ainsi un témoignage d’admiration, de respect et de profonde gratitude.

Dans le prolongement de cette première rencontre, j’ai eu la chance extraordinaire de faire la connaissance de Christophe Mourthé, le célèbre photographe précurseur de l’école « fétichiste », qui a collaboré avec les plus grands magazi00 08nes (Playboy, Penthouse, Vogue, Lui, New Look…) et contribué à l’éclosion de bon nombre de jeunes talents (Mylène Farmer, Marlène, Laure Sinclair, Clara Morgane, Dita Von Teese, Zdenka, Dominique La Mer, entre autres). Je remercie très chaleureusement Christophe de m’avoir autorisée à publier sur mon blog les photos et les extraits de films que nous avons tournés ensemble dans son studio avec Maîtresse Alexandra. Afin d'accéder à ces vidéos inédites qui sont diffusées sur YouTube, cliquez sur :

00 09Concrètement, « Béatrice ou l’éducation d’une jeune soubrette » se présente sous la forme d’une série de 60 épisodes diffusés mensuellement depuis février 2009.  

La traduction en anglais des 14 premiers épisodes, effectuée par Geoffrey, ancien disciple de Maîtresse Alexandra, est également disponible à l'adresse suivante : www.missbeatrice.erog.fr

Voilà, je vous ai à peu près tout dit !

Avant de vous plonger dans mon histoire, je vous engage à prendre connaissance du « pitch » dans le résumé et à consulter le sommaire des épisodes.

Last but not least, afin de bloquer les publicités intempestives et de mauvais goût dont Overblog se permet d'accompagner mon blog, comme d'ailleurs tous ceux qui sont hébergés sur sa plateforme, je vous recommande vivement de télécharger sur votre PC un logiciel gratuit, de type Adblock. Vous pourrez ainsi naviguer sans désagrément.

Bonne lecture !

 

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 06:00

BR FV 21 01 A Photo 272De sa chambre, Lady Alexandra entend un vacarme inhabituel au rez-de-chaussée. Les portes claquent. Le carrelage de marbre du hall d’entrée résonne sous le martèlement précipité des talons de Béatrice. Celle-ci dérape à moitié, lâche un juron, se rattrape de justesse à la boule de cuivre qui orne le bas de la rampe d’escalier, gravit les marches à toute vitesse, manque de culbuter George qui descend en tenant le plateau du petit déjeuner, oublie de frapper à la porte, et sans même prendre le temps de rajuster sa tenue, surgit dans la pièce comme une tornade, essoufflée, rougissante, en brandissant en l’air une enveloppe.

- Madame, Madame, Madame !

- Mais enfin, Béatrice, c’est bientôt fini tout ce tintamarre ?

- Excusez-moi, Madame, mais c’est urgent, je vieBR FV 21 02 F190-24ns de trouver cette lettre sous un coussin, en faisant le ménage dans le salon. C’est sans doute l’un de vos invités qui l’aura oubliée.

D’une belle écriture à l’encre noire, fine et régulière, le nom de sa destinataire a été porté sur l’enveloppe. Celle-ci n’est pas cachetée, comme si son auteur avait eu l’intention de la BR FV 21 03 Four Faceremettre en mains propres. Lady Alexandra, s’assied et déplie la lettre. Sa soubrette reste debout derrière elle, légèrement en retrait, afin de regarder - discrètement - par-dessus son épaule.

« Chère Alexandra,

Je suis à genoux, entièrement nu, au milieu de votre salon. Au plus profond du silence qui m’entoure, la transgression de l’interdit me tient en éveil. J’éprouve une sensation indéfinissable de culpabilité et d’excitation. Vous m’avez dressé à vous attendre, immobile, les yeux baissés et les mains dans le dos. A vous désirer, encore et encore. En me renvoyant l’image démultipliée de ma nudité, le jeu des miroirs accentue mon malaise. J’ai l’impression d’être encerclé par d’innombrables paires d’yeux qui m’épient à travers les glaces sans tain.

Derrière moi, la porte s’ouvre enfin. J’entends vos pas glisser sur leBR FV 21 04 i107 tapis et s’arrêter à ma hauteur. Les battements de mon cœur s’accélèrent. Ma première vision est celle de vos escarpins de satin hauts perchés, à la ligne aiguisée comme une lame, qui finissent votre silhouette longiligne d’un trait d’encre de Chine. La bride de cuir lovée autour du cou de votre pied exhale un univers glamour, sensuel, à la BR FV 21 05 001Helmut Newton. Intérieur nuit. Noir et blanc. Papier glacé. Éclair aveuglant des flashes de magnésium. Life. Vogue. Harper’s Bazar. Vanity Fair. Votre cheville devient une taille qu’on voudrait enlacer. La naissance de vos orteils suggère les formes d’un décolleté qui se dessine. La cambrure de votre talon s’expose comme une chute de reins. Esclave de mes fantasmes, victime de ma démesure, je m’incline pour déposer un baiser à la pointe de vos cuissardes vertigineuses. Sur vos mules brodées de perles. Sur vos salomés en cuir rose poudré, criblés de strass.

Vous restez là, debout, impassible. Distante. Je sens votre regardBR FV 21 06 Debout Face Sein2 plongeant me dénuder davantage. Le halo de votre parfum se diffuse. Il imprègne la pièce et m’enroule dans son voile. C’est une vague de volupté blanche, douce comme la peau d’un nourrisson. Un incendiaire audacieux à base de magnolia aux effluves rayonnants. Une fragrance lumineuse où viennent se rejoindre et s’affronter en douceur les deux notes puissantes de l’iris et du patchouli. Plus qu’un appel des BR FV 21 07 B 162sens, un éblouissement de l’âme, une attraction magnétique associant les contrastes, les fleuves de lumière, les abîmes de volupté. Le parfum, c’est l’intimité sublimée de la femme. Un jardin secret de fleurs opulentes, d’Orient et de sillages embaumés.

Ma gorge se noue. Une curieuse sensation d’angoisse et de confiance me poursuit. La peur de l’inconnu dans le huis clos d’un boudoir. Celle de devoir exorciser mes conflits intérieurs. Alliée à la douceur apaisante de votre présence. A l’assurance que vous saurez discerner avec délicatesse les pulsions troubles qui me hantent. Rien ne vousBR FV 21 08 MA TeteIndex est plus agréable que de me laisser imaginer la variété des supplices auxquels je vais être livré. Si j’osais lever les yeux vers le ciel des vôtres, je verrais fuser comme des météores les images les plus folles. Vous vous délectez à vous offrir à mon imaginaire. A feindre de vous donner. A me tenir à distance. Il ne dépend que de vous de hâter mon supplice ou de le faire durer.

Je m’enhardis à laisser mon regard remonter lentement le long de vos jambes interminables, fuselées, aristocratiques, gainées de bas diaphanes. Dépasser la courbe de vos genoux. Tenter BR FV 21 09 Face Cravache1de progresser vers l’inaccessible. Vers la naissance de vos cuisses, qui s’élancent sans complexe, sans retenue, sans pudeur. J’en perçois le contour ferme sous l’ourlet de votre jupe. Vous avez eu raison de porter un tailleur. Si la mode est un cri, l’élégance est un murmure. Un état d’esprit. Un sentiment. Le contraire du clinquant. Et puis le noir est indémodable. Sur vous, il conjugue à merveille l’ambivalente duplicité de l’autorité et du charme. La griffe et la caresse. L’acier et le velours.

Dans l’absolu d’une coupe acérée à l’extrême, l’étoffe, tendue sur la rondeur pleine de vos formes tentatrices, laisse deviner la chair lisse d’un corps superbe. Qui se refuse pour mBR FV 21 10 alex-23ieux se dévoiler. L’échancrure de la féminité. Le piège de la séduction. Le havre de la beauté. Une beauté compulsive. Péremptoire. Minérale. Définitive. Lunaire. Hypnotique. Le vêtement comme seconde peau. Vos seins sont là, tout proches, dressés, épanouis, arrogants. Les femmes ne sont jamais aussi belles que lorsqu’elles se sentent légères, comme si elles ne portaient rien du tout.

Les yeux fermés pour m’imprégner de votre voix, je vous écoute raconter une histoire. Vous BR FV 21 11 F191-09savez si bien le faire. Imaginer une scène. Susciter une ambiance. Prolonger mes songes en déclinant les vôtres. Franchir les grilles d’un palais mystérieux. Traverser des salons déserts. Glisser dans les ténèbres des couloirs. Ouvrir un à un les tiroirs à secret de mes fantasmes. Renaître dans un coupé-collé de rêves. Dans des nuées d’aurore. La magie est là, en apesanteur.

Transgressant les interdits dans la célébration du double jeu, vous réapparaissez, divine, dans un fourreau aux éclats d’argent, réchauffé d’une étole de zibeline. La Dame de Shanghaï. Hollywood. Jean Harlow. Gloria Swanson. Avec ses lamés étincelants, ses araignées de strass posées sur l’épaule, ses boléros d’oiseau de nuit en plumes, ses éventails feuilletés de satin, ses paletots de cygne blanc, ses bustiers-armures portés comme des bijoux, ses rivières de diamants, ses cascades de perles, ses larmes de cristal, ses broderies deBR FV 21 12 Tailleur Clou Penche2 poussière de jais et ses transparences de mousseline couleur chair. Dramatisant votre style, un fume-cigarette infini et une paire de gants opéra en paillettes sur résille, façon Gilda, peaufinent votre allure jusqu’au bout des ongles.

Chaud-froid d’extravagance et de simplicité. Fondu enchaîné de distinction et d’audace. Vous avez l’art de mélanger les contraires, d’entretenir le trouble et la confusion, en blouson de python rose, en décolleté bénitier ouvert sur un soutien-gorge de dentelle noire, en veste de biker à empiècements fluo, en kimono de soie ivoire, en tunique d’amazone en crocodile surjeté d’organza, en mini short en vinyle rouge sang, en débardeur de BR FV 21 13 alex-11nylon transparent. Bracelets de cuir, serre-taille, guêpière, porte-jarretelles, corset. Votre taille s’étrangle. Vos reins se creusent. Vos hanches s’élargissent. La pression du busc fait saillir vos seins, parés de mouches qui accentuent leur blancheur. J’entends siffler les lacets et les lanières. Dans un pantalon-bottes à talons aiguilles en agneau plongé noir, vous êtes Anne-Marie, la maîtresse d’Histoire d’O. Vos cheveux d’ébène brillent comme s’ils étaient huilés.

La pénombre m’inspire des présences fantomatiques, ennuagées de tulle, effleurées de taffetas de soie et de laBR FV 21 14 Face02tex écarlate. Comme dans un montage accéléré, où Lara Croft de « Tomb Raider » partagerait l’écran aux côtés de la Marquise de Merteuil des « Liaisons dangereuses », le film défile par saccades. La chaleur palpite contre mes tempes et la tête me tourne. C’est le moment que vous attendiez pour resserrer votre toile. Pour vous pencher et relever mon menton du bout de vos doigts fins. Pour me faire succomber. Arrêt sur image. Ombres chinoises. Nos bouches se rapprochent. Nos regards se croisent. Se mesurent. S’échangent des paroles muettes. Glissements progressifs du plaisir. BR FV 21 15 F200-30Insensiblement votre voix se fait plus douce. Je suis fasciné par vos lèvres qui s’entrouvrent et se referment comme un coquillage nacré. Bruissement cristallin. Impressions chuchotées. Petite musique de nuit. Ne dites rien. Les mots sont inutiles. Nous communions par la pensée. Vous lisez en moi comme dans un livre ouvert. Je vous vois tourner les pages. Rien ne vous échappe.

Il ne reste plus maintenant, dans le clair-oBR FV 21 16 F205-03abscur, qu’une tache de lumière. Qu’une frange de cheveux blonds illuminant votre visage comme un diadème d’or. Les pommettes saillantes, le regard perçant. Une étincelle de provocation. Une lueur de défi. L’esquisse d’un sourire. Un soupçon d’insolence. Stéphane Audran dans « La femme infidèle ». Le mystère d’une âme que je devine si proche, au fond du lagon trBR FV 21 17 Lacet MiCorpsFansparent de vos deux grands yeux verts.

Votre image me tient et me torture comme un cauchemar. J’ai sur les lèvres le goût de vos baisers, et la caresse de votre chair sur la peau. Je lutterai jusqu’au bout. Jusqu’à ce que mes dernières résistances finissent par céder et que, dans un vertige de paillettes dorées sous mes paupières closes, vaincu, je m’abandonne à vos pieds. »

……………..

Un silence épais s’est installé dans la pièce. Lady Alexandra replie lentement les feuillets, le regard dans le vide. Un léger toussotement de sa soubrette la tire soudainement de son rêve intérieur.

- Dis-moi, Béatrice, cette lettre, tu ne l’as pas lue, bien sûr ?

- [Rougissante] Oh non, Madame, je ne me serais pas permise ! Vous savez qui l’a écrite ?

- J’ai beaucoup d’admirateurs, tu sais !

- Oui, Madame, mais là, c’est plus qu’un admirateur, c’est sûrement quelqu’un qui vous aime !

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 06:00

28 01Oui, je sais, j’ai tort de m’inquiéter, mais je n’y peux rien, c’est chaque fois la même chose. Lorsque Madame s’en va, j’ai beaucoup de mal à m’habituer. C’est un peu comme si je devenais orpheline. Le château me semble brusquement vide sans elle. La tristesse me gagne. Les journées sont interminables. Je n’ai pas le cœur à l’ouvrage. Le temps s’écoule en noir et blanc.

Curieusement, le son de la voix de Madame me manque. D’une certaine façon, je devrais plutôt me réjouir de ses absences car quand Madame est là, elle passe le plus clair de son temps dans28 02 mon dos à me harceler :

 - « Béatrice, as-tu pensé à repasser ma robe noire ? »

 - « Oui, Madame. »

 - « Béatrice, tu n’oublieras pas de recoudre l’ourlet de ton tablier ! »

 - « Non, Madame. »

 - « Béatrice, tu sortiras le service en Wedgwood 28 03et l’argenterie, je reçois des invités ce soir. »

 - « Bien, Madame. »

Mais en fait, c’est tout le contraire qui se produit. Je me rends compte que sa présence m’est indispensable. Il faut que je la sente à mes côtés. Je n’existe qu’à travers elle. J’ai besoin physiquement de lui obéir. 

Et puis le départ de Madame a été tellement soudain. C’est Louise qui me l’a appris au petit déjeuner. Apparemment rien de grave. Mais tout de même un déplacement imprévu à Londres pour un rendez-vous urgent chez le médecin. « Louise, je vous confie la maison, je ne serai pas bien longue, pensez beaucoup à moi le 9,28 04 j’en aurai besoin, c’est très important. » Je n’ai pas bien saisi de quoi il s’agissait, mais ce jour-là, j’ai deviné que Madame devait vraiment avoir des soucis et j’ai pensé à elle encore plus fort que d’habitude.

George m’a répété qu’il était inutile de me tracasser. Que cela ne servirait à rien. De son 28 05côté, Andrew m’a proposé de m’emmener dans sa serre admirer ses boutures, histoire de « me changer les idées », pour reprendre son expression. Mais j’ai préféré ne pas donner suite à son invitation. Avec lui, il faut toujours se tenir sur ses gardes. Quant à Blandine, on ne l’a quasiment pas vue de toute la journée. Elle s’est contentée de réapparaître pour le dîner avec de la paille plein les cheveux. Louise, qui ne manque pas d’humour, lui a demandé si le garçon de ferme avait apprécié ses services. Son mutisme en guise de réponse nous a fait beaucoup rire.

Quoi qu’il en soit, toutes ces bonnes paroles de réconfort n’ont pas suffi à me tranquilliser. J’ai continué à me sentir agitée. Nerveuse. A tel point que j’ai fait tomber une pile d’assiettes dans l’office28 06 pendant que j’aidais Louise à faire la vaisselle. George en a profité pour m’administrer une fessée magistrale en m’assurant que Madame en aurait sûrement fait autant dans de pareilles circonstances. C’est facile 28 07à dire ! Il était surtout satisfait de se retrouver seul aux commandes et de pouvoir agir sans témoins.

En fin de matinée, il y a eu ce coup de téléphone de Madame. « Allo, c’est toi, ma Béatrice, oui je sais, j’aurais dû le faire mais je n’ai pas pu appeler plus tôt, je reviens ce soir, sans doute assez tard, ne m’attends pas. Tout s’est très bien passé, je te raconterai ». Cette nouvelle nous a donné chaud au cœur. Alors pour célébrer l’événement, nous avons organisé une petite fête au pied levé. Louise a préparé un énorme crumble aux pommes. George a débouché une bouteille de champagne. Et comme ils insistaient tous28 08 pour danser, j’ai posé sur le tourne-disque un vieux trente-trois tours des Platters. " Only You ". Le slow qui tue. « Un enregistrement Mercury Records de 1955 » a précisé George, qui sait toujours tout. Pour ne pas être de reste, Andrew a ajouté qu’on n’avait rien fait de mieux 28 09depuis pour « emballer les gonzesses ! » J’aime beaucoup Andrew mais il reste assez maladroit dans l’expression de ses sentiments. Disons que son vocabulaire s’élève rarement à la hauteur de ses talents de jardinier.

Ils l’ont passé en boucle. Trois ou quatre fois. Peut-être davantage. Je ne sais plus. En tout cas, le temps suffisant pour que chacun d’entre eux puisse me peloter à sa guise. J’ai cru que cela n’allait jamais finir. Bien sûr, j’ai protesté pour le principe. Pour le principe seulement, car pour le reste, je dois reconnaître que ces contacts rapprochés ne m’ont pas laissée totalement insensible. George n’a28 10 même pas cherché à dissimuler ses intentions. Par-derrière, il avait relevé ma jupe et me tripotait les fesses tandis qu’il m’étouffait littéralement par-devant, son corps plaqué contre le mien. Quand je dis son corps, il faut me 28 11comprendre à demi-mot. Je n’ai jamais senti un aussi gros bazar. L’arc de triomphe surmonté de l’obélisque. Le genre de monument qu’on ne visite qu’une seule fois dans sa vie.

Naturellement, ces messieurs ne s’en sont pas tenus là et m’ont fait boire un peu plus que de raison. Il paraît que le vin rend     les femmes plus belles. Il paraît. Ce que je sais, c’est que je suis devenue rapidement pompette. J’avais les joues écarlates et des petites étoiles dans les yeux. Le parquet du salon m’a paru anormalement en pente. George a trouvé ça très drôle. J’ai sans doute dû me montrer moins farouche que d’habitude. Il m’a fait jurer de ne rien dire à Madame et m’a menacée des pires châtiments si je ne savais pas tenir ma langue. « Elle te fera sûrement fouetter28 12l pour la peine. Ou bien elle te livrera à Harry, oui c’est ça, à Harry », a-t-il ajouté, les yeux brillants.

Je ne sais plus très bien comment la soirée s’est achevée. Passé minuit, les jeunes filles ont de la peine à garder les yeux ouverts. Ils ont tenu absolument à me guider jusqu'à ma chambre, à 28 13me « tenir compagnie », selon leur expression, insistant même pour m’aider à me déshabiller afin que je sois plus vite dans mon lit. En un rien de temps, George a déboutonné mon corsage. Tandis qu'Andrew, de son côté, m'enfournait comme une grosse tétine dans la bouche. « Suce bien, ma belle, ça t’aidera à t’endormir ». Il m’a semblé que c’était son doigt. Maintenant que j’y repense, c’était beaucoup plus gros. Ça devait être autre chose. J’ai oublié la suite. Dans28 14 mon souvenir, j’éprouvais toutes sortes de sensations agréables. Comme si je n’avais pas besoin de me caresser et que quelqu’un d’autre s’en chargeait à ma place. Ma dernière pensée a été pour Madame.

Au plus profond de la nuit, une saute de vent a fait tourbillonner les feuilles mortes dans la 28 15cour. Remontant l’allée en silence, la Bentley a strié de ses phares le mur de ma chambre à travers les volets. J’ai perçu le ronronnement sourd du moteur au bas du perron, puis le bruit mat de la portière qui s’ouvrait, suivi du résonnement familier des pas de Madame. Le hall s’est éclairé. Un rai de lumière jaune a filtré sous ma porte.

Madame est entrée sur la pointe des pieds. Elle a remonté ma couverture sur mes épaules et s'est penchée vers moi pour me border. J’aurais pu me redresser et faire l'effort de lui adresser quelques mots. Que je n’arrivais pas à dormir. Que j'étais inquiète. Qu'il devait être tard. Que je l’attendais. C’était inutile. Nos chuchotements auraient rompu la magie du silence.

Blottie contre mon oreiller, j’ai préféré garder les yeux fermés à28 16 écouter le murmure de sa respiration. Lorsqu'elle m'a soufflé un baiser de bonsoir dans les cheveux, j'ai senti son col de fourrure me chatouiller la joue et son parfum Angel m’envelopper dans son sillage. Tout mon corps s'est mis à fourmiller de bonheur, sous le coup d’une intense émotion, comme une enfant rassurée par le retour de ses parents à la maison.

Dans mon demi-sommeil, je me disais que je ne rêvais pas, que Madame était là comme avant, que demain matin la vie allait reprendre et que j’avais vraiment beaucoup de chance d’être au service de Madame. J’ai poussé un gros soupir. Et je me suis endormie. D’un bloc.

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Jeudi 6 septembre 2012 4 06 /09 /Sep /2012 06:00

44 01Oui, je sais, vous allez sans doute me trouver ridicule de tenir mon journal mais peu importe, je n’en ai pas honte. De toute façon, je ne peux pas m’en passer. C’est mon compagnon de tous les jours. Celui à qui je me confie et qui me rassure. Je le tiens depuis que je suis adolescente. J’y note tout ce qui me passe par la tête. Mes attentes. Mes joies. Mes émotions. Et surtout mes souvenirs. Les bons et les mauvais. En les posant sur le papier, j’ai l’impression de les retenir captifs. Comme des papillons épinglés dans un sous-verre. Et de pouvoir les revivre aussi. Car depuis que je suis au service de Madame, j’en ai accumulé des choses à raconter ! Elle m’a fait partager des moments tellement merveilleux qu’il serait dommage de les laisser s’envoler.   44 02

Maintenant que j’y repense, quand je suis arrivée au château, je devais vraiment avoir l’air d’une petite oie blanche ! A la vérité, je n’étais pas complètement née de la dernière pluie, mais je n’ai pas cherché à détromper Madame. D’une part, parce que j’ai immédiatement senti que, quoi que j’aie pu faire ava44 03nt d’être sa femme de chambre, elle était résolue à reprendre mon éducation à la base. A me dresser à sa guise. Si j’avais été un animal de compagnie, elle m’aurait appris à lever la patte. D’autre part, parce que j’aime beaucoup jouer à la vierge effarouchée. Enfin quand je dis effarouchée, je m’entends. Suffisamment accueillante pour ne pas décourager ces messieurs. Mais pas trop non plus pour ne pas avoir l’air de leur céder dès les préliminaires. Et puis, ils auraient la désagréable impression de pouvoir l’emporter sans combattre. Disons plutôt ambiguë. Innocente et perverse à la fois.

C’est comme ça que je me compose mon perso44 04nnage depuis le début. Ce n’est pas difficile. Il suffit de le vivre de l’intérieur. D’en faire un autre soi. Comme un pull-over dont on reconnaît l’odeur familière quand on l’enfile. Tout le reste est à l’avenant. La petite robe super courte. La coiffe blanche. Le tablier froncé. Les talons hauts. Les bas à coutures. Les petits pas, la poitrine bombée, les reins cambrés, les yeux baiss44 05és. Déférente. Soumise. Prête à se plier à tous les ordres. Sans jamais manifester mes sentiments. De révolte ou d’enthousiasme. Parfois, je n’arrive pas à me retenir. Je me pique au jeu et mon naturel reprend le dessus. Le plaisir l’emporte. Madame s’en rend compte. Tant pis pour moi ! De toute façon, je suis ainsi faite que j’apprécie autant la bêtise que la correction qui l’accompagne. Si Madame voulait vraiment me châtier, il faudrait plutôt qu’elle me prive de punition. Heureusement, cela n’arrive jamais. Du coup, je suis gagnante sur les deux tableaux. Je ne m’en lasse pas. Je finis même par me demander si je ne suis pas devenue vicieuse.

Hier, par exemple, je ne sais pas quelle mouche m’a44 06 piquée mais ça a été plus fort que moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer dans sa salle de bains pour lui chaparder un peu de parfum. Du Shalimar de Guerlain. Le flacon est tout en haut de l’étagère, à gauche. J’ai failli glisser du tabouret en me hissant pour le saisir. A peine une goutte derrière l’oreille. Presque rien. C’était super ! Blandine m’a regardé faire sans rien dire, l’air 44 07amusée. J’ai très vite compris pourquoi. C’était comme si je venais de signer mon crime. L’odorat de Madame est d’une subtilité incroyable. Du coup, ça n’a pas raté. Elle a tout de suite réalisé ce qui s’était passé. En un tournemain, je me suis retrouvée basculée sur ses genoux, culotte baissée. J’ai protesté et trépigné pour le principe. Des larmes de crocodile. Madame n’y a prêté aucune attention. Elle commence à être habituée. Depuis le temps, elle a parfaitement compris que je ferais n’importe quoi pour recevoir la fessée. A mains nues, au martinet, à la badine ou au battoir. Parfois, elle croit m’humilier davantage en me l’administrant en public mais je trouve au contraire que c’est encore plus excitant. C’est la même chose après, quand elle me met exprès au coin, à genoux, à un endroit où il y a beaucoup de passage, par exemple     au beau milieu de la pelouse devant le château.  

Mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est ce q44 08ui se passe après la punition, le dernier acte, après la tempête, une fois le calme revenu. Quand vient le temps du pardon. Celui où nous faisons la paix. Lorsqu’elle me fait un gros câlin, assise sur son canapé. Ou bien qu’elle reste debout devant moi et que je suis à genoux à ses pieds. Tout contre elle. Ma joue collée à son corps.

Nous nous sommes inventé ce petit rituel, ce petit infini. Afin 44 09de prolonger pour quelques minutes encore la pièce que nous venions de jouer. Un peu comme au théâtre, quand on s’embrasse, qu’on se touche, qu’on a besoin d’être intimes, de brûler les étapes, de vivre en une heure ou deux toute l’expérience d’une vie. Parce que cette expérience a été d’une intensité rare. Et que les paroles en rendraient mal la puissance. Parce que, comme au théâtre, notre jeu a été une affaire de corps, de contact, de sueur. Une affaire de peau.

Nous nous taisons. Le temps est suspendu. Il n’y a plus que le silence qui nous enveloppe. Elle et moi. J’entends les battements de son cœur. La tiédeur de sa peau imprègne le tissu de sa robe. « Tu ne recommenceras plus, Béatrice, tu me le promets ? » « Oui, Madame. » Je ne vais pas dire le contraire. Mais elle n’est pas dupe. Elle sait que dès le lendemain et peut-être m44 10ême avant, le démon me reprendra. De mon côté, sans trop chercher à me l’avouer, je ne suis pas loin de penser la même chose.

Qu’importe la suite, dans l’immédiat, je savoure un moment de bien-être absolu. Une parenthèse d’éternité. Une sensation de plénitude semblable à celle qu’un homme doit ressentir après l’amour. Je 44 11ne pense plus à rien. Je redeviens une enfant. J’enlace ses jambes. Ses hanches. Mon étreinte se resserre. Il n’y a que dans de pareilles occasions que je peux me permettre de caresser son corps. De l’effleurer à peine. Du bout des doigts. De le deviner. Je voudrais que mes gestes soient les plus tendres possible. Qu’ils traduisent les sentiments mêlés de respect et de sensualité qui m’animent. Qu’ils expriment ce que je ressens sans avoir à crever la bulle du silence pour le lui dire. Elle me laisse faire. Je crois qu’elle me comprend.

Au plus profond de mon rêve, je garde les yeux clos pour prolonger la magie du bonheur. L’obscurité protège. Ma joue repose contre sa robe. Je la respire. Pour bien faire, il faudrait que le temps s’arrête. Que je reste à ses pieds. Que je puisse la garder pour moi toute seule. Pour toujours.   44 12

Mais les minutes s'écoulent. Je dois me résigner. Accepter de renaître à la vie. De reprendre contact avec le monde environnant. Alors avant de me redresser, je dépose un dernier baiser au creux de son épaule. Et je finis par rouvrir les yeux. Bordés de reconnaissance. Embués de tendresse.  

C’est l’instant qu’elle guette. Celui où nos regards se croiseront à nouveau. Où elle me sourira. Où je saurai que je suis pardonnée. Où je comprendrai que je ne serais plus moi si je ne faisais plus de bêtises. Où nous serons heureuses.

 

 

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Mercredi 6 février 2013 3 06 /02 /Fév /2013 06:00
02 11Les deux vidéos présentées ci-dessous sont des documents inédits. Jamais diffusées jusqu’à présent, elles refont en quelque sorte surface, près de 10 ans après leur tournage dans les studios de Christophe Mourthé, rue Marcadet, à Paris (novembre 2003).
 
Les revoir à nouveau aujourd’hui m’émeut comme au premier jour. Elles apportent, en effet, un témoignage irremplaçable - que ne peuvent rendre ni les textes ni les photos - en restituant, comme si c’était hier, quelques précieuses minutes de jeu et de vie. 03 02 
 
Une occasion unique de découvrir ou de redécouvrir Alexandra en action. D’admirer sa beauté et son élégance. D’observer l’aisance naturelle dont elle fait preuve. De noter son sens de l’improvisation et de l’humour. D’apprécier son souci du détail et du travail bien fait. Et surtout, surtout, de réentendre le son de sa voix. Comme si elle était toujours là, parmi nous…
Cliquez sur : Le corset rouge    
Cliquez sur : Le corset noir
 
Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 06:00

04 11Réalisées dans les studios de Christophe Mourthé en 2003, les vidéos présentées ci-dessous s’inscrivent dans le prolongement des deux séquences précédentes, "Le corset rouge" et "Le corset noir". Elles n’ont jamais été diffusées jusqu’à présent. Il s’agit donc de documents inédits.

On y retrouve Maîtresse Alexandra, dominatrice, bien sûr, mais « femme » avant toute chose, aimant pratiquer une domination élégante, chic, glamour… modifiant action et scénario en fonction des réactions05 10 de ses partenaires, improvisant constamment, cherchant à plaire, à maintenir le plaisir, l’excitation…  

Interrogée sur la définition du SM, elle répondait qu’il était "un jeu de séduction, une mise en scène permanente, à la rencontre du fantasme particulier de chacun."

Cliquez sur : Les petits pas

Cliquez sur : Une fessée magistrale

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Dimanche 6 octobre 2013 7 06 /10 /Oct /2013 06:00

12Madame,

Voilà maintenant plusieurs semaines que vous nous avez quittés pour aller vous reposer dans le midi de la France. Je crois comprendre que vous avez l’intention de vous installer chez votre fille et d’y demeurer le temps nécessaire à votre complet rétablissement.

Les lettres de recommandation que vous avez rédigées à mon intention avant de partir me seront certainement utiles. Je vous en suis très reconnaissante. Elles devraient m’aider à trouver rapidement une nouvelle place dans une bonne maison.

En attendant, c’est surtout votre absence qui me pèse. Wish you were here. Depuis quelques semaines déjà, le château est devenu bien vide et triste sans vous. George est parti. Blandine ne va pas tarder. Mon tour suivra lorsque j’aurai fini de boucler mes affaires. Avant mon départ, cependant, je voudrais vous marquer mon immense gratitude pour tout ce que vous avez fait pour moi. Quoi qu’il arrive dans l’avenir, il faut que vous sachiez que je ne vous oublierai jamais et que vous resterez toujours très présente dans mes pensées.

Peut-être n’en avez-vous pas conscience mais cela faisait un peu plus de dix ans que j’étais employée à votre service. On ne voit pas le temps passer. Eh oui ! Vous m’avez reçue pour un premier entretien d’embauche en janvier 1998. Pour moi, c’est comme si c’était hier. C’était un vendredi. J’étais dans mes petits souliers. Et tellement émue que j’ai même réussi le tour de force de me présenter en retard à ma convocation. L’entretien lui-même s’est plutôt bien déroulé. Je me souviens surtout de ce que vous m’avez dit à la fin : « Béatrice, j’attends beaucoup de toi, ne t’avise pas de me décevoir… »

Dix ans après ce jour mémorable, j’espère avoir tenu mon engagement. Oh bien sûr, je dois reconnaître que j’ai commis beaucoup de bêtises, comme une enfant espiègle et impatiente de découvrir la vie. Je l’ai même parfois fait délibérément. Car sans que j’en aie eu toujours conscience, il me fallait, d’une façon ou d’une autre, trouver un moyen pour attirer votre attention. Pour me faire remarquer. Même si je devais ensuite le payer au prix fort. Vos corrections sonnaient pour moi comme des récompenses.

Vous avez tenu un rôle majeur dans mon éducation. Vous m’avez appris à devenir une femme. Je vous dois tout. Les bonnes manières, l’élégance, la classe, le raffinement. Il me suffisait de vous écouter ou de vous observer pour comprendre. Comprendre comment m’habiller correctement, porter des talons hauts, marcher à petits pas, revêtir un corset, enfiler une paire de bas ou de gants d’opéra, nouer délicatement les rubans empesés de mon tablier blanc, me maquiller ni trop ni trop peu, juste ce qu’il fallait pour vous faire honneur et pour allumer la flamme du désir dans le regard de vos invités. Grâce à vous, ma personnalité s’est progressivement affermie. J’ai appris à mieux me connaître.

Au fil du temps, je crois pouvoir affirmer qu’un lien de complicité très étroit et chaleureux s’est noué entre nous. Je vous admirais. Je vous enviais. Plus que ma maîtresse, vous étiez devenue ma référence. Mon modèle. Un modèle de beauté absolue. Auquel vous ajoutiez des qualités d’intelligence, de finesse, de psychologie, de générosité, d’humour… Vous avez occupé dans mon cœur une place à part. Je peux bien vous l’avouer maintenant, mais vous l’aviez deviné, je suis tombée amoureuse.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Vous ne pouviez pas vous passer de moi comme je ne pouvais pas me passer de vous. Je participais à toutes vos fêtes. Des petites réceptions entre intimes autour d’une coupe de champagne jusqu’aux grandes soirées dans des endroits magnifiques, les défilés de mode, le strass, les paillettes, les séances chez les grands photographes. Vous m’avez habillée comme une princesse. Notre couple fonctionnait à merveille, chacune mettant l’autre en valeur et réciproquement. Un clin d’œil ou un simple regard suffisait. Nous n’avions pas besoin de parler pour nous comprendre. Vous lisiez en moi comme dans un livre.

Je vous suis infiniment reconnaissante pour les dix années que j’ai passées à votre service. Vous m’avez beaucoup donné. Et sans doute encore plus que vous ne pouvez l’imaginer. J’ai fait tout mon possible pour vous le rendre. Pleinement consciente du merveilleux cadeau que vous m’offriez par votre présence attentive et chaleureuse à mes côtés. Je vous remercie du fond du cœur pour tous ces moments intenses. De complicité, d’enthousiasme, de trouble, de fantaisie, de partage, de fous-rires, de rêves, de plaisir, de compréhension, de délicatesse…

Maintenant que vous êtes partie, je sens que mes pensées ne pourront plus vous quitter. Paradoxalement, la séparation, au lieu de nous éloigner, nous rapprochera au contraire. Loin des yeux, près du cœur. Sans pouvoir m’en empêcher, je continuerai à lever les yeux vers vos fenêtres, là-bas, de l’autre côté de l’avenue. Et je serai heureuse quand je verrai les volets relevés. Rassurée de vous croire encore là. Prête à me faire monter au neuvième ciel. A dérouler le tapis rouge.

Car ce que nous étions l’une pour l’autre, nous le serons toujours. Je vous donnerai le nom que je vous ai toujours donné. Je parlerai de vous comme je l’ai toujours fait. Et lorsque j’éprouverai de la peine à exprimer ce que je ressens, vous saurez poser des mots sur mes silences.

Je vous écrirai comme avant. Je vous ferai connaître. Par l’écriture, vous vous trouverez associée10 à tout ce que je vis. Par elle aussi, je perpétuerai votre souvenir. Mes textes rappelleront ce que nous avons fait ensemble. Ils inventeront aussi ce que nous aurions pu faire. Parfois les choses les plus réelles ne se passent qu’en imagination. Vous continuerez à m’inspirer la spontanéité de nos dialogues. J’en testerai d’abord les termes à voix haute avant de les porter sur le papier. Comme si je nous entendais les échanger encore. Avec, enfouie précieusement au creux de mon oreille, la petite musique ensoleillée de votre accent toulousain.

Vos photos seront là pour témoigner de votre élégance et de votre beauté. Singulière et plurielle. A l’image de tous ces personnages que vous avez incarnés. Et que vous réussissiez à animer avec un naturel extraordinaire. Celles et ceux qui vous ont connue prendront plaisir à les revoir. Les autres auront la chance de les découvrir à leur tour.

Alors pourquoi faudrait-il adopter un air triste, solennel, ou même gêné, en évoquant votre nom ? Je brosserai au contraire votre portrait sous les traits de la femme que vous étiez vraiment. Une femme joyeuse et pétillante de vie. Je continuerai à rire de ce qui nous faisait rire. Avec vos amis, nous célébrerons votre souvenir avec le ton juste qui convient, pour le plaisir de nous rappeler les moments agréables passés ensemble et pour prendre la mesure de tout le bien que vous nous avez apporté. Votre plus grande joie serait sans doute de nous savoir tous réunis autour d’une bonne table en votre nom.

Votre vie se projettera, disparaitra et renaitra. Tels ces feux de Bengale qui, après s’être élevés au plus profond de la nuit et avoir explosé en une pluie d’étoiles, s’éteignent et se taisent pour, peu de temps après, ressusciter en un crépitement inondant le ciel de gerbes multicolores.

La vie change mais ne disparaît pas. Le fil n’est pas coupé. J’ai confiance. Je sais que je vous reverrai un jour. Nous avons encore tant et tant de choses à nous dire.

Je vous embrasse avec beaucoup d’émotion et de tendresse.

Béatrice

9 juin 2008

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Mercredi 6 novembre 2013 3 06 /11 /Nov /2013 06:00

Voilà, cette fois, c’est bien fini, il fallait s’y attendre, l’histoire de Béatrice est parvenue à son terme. Game is over. Personnellement, j’aurais aimé qu’elle continue encore longtemps. Ou même mieux, qu’elle ne s’achève jamais. Mais on ne peut pas tout prévoir.

Un jour, le mécanisme de la machine s’est subitement grippé. Un peu comme dans ces petits cinémas de quartier - s’il en existe encore -, lorsque la pellicule se coince dans l’appareil de projection et se bloque, puis que la cha58 01leur de la lampe ronge l’image, d’abord juste une tache, puis un trou qui s’agrandit, un néant bordé de brun, où disparait tout ce qui, tout à l’heure encore, était visible sur l’écran, les lieux, les gens, les visages… La musique continue sur son élan, puis très vite, le public vitupère contre le projectionniste. Dans la salle, la lumière se rallume tandis que les spectateurs restent assis, hébétés, persuadés qu’ils ont affaire à une coupure sans conséquence et que la « séance » ne va pas tarder à reprendre.

L’histoire de « Béatrice », elle, n’a pas repris. Elle s’est au contraire définitivement interrompue. Très précisément le 9 juin 2008. Le jour même où Alexandra nous a quittés, vaincue par une longue et cruelle maladie, qu’elle aura su combattre et repousser de toutes ses forces, avec une énergie, un optimisme et un courage extraordinaires.

Si je remonte dans le temps quelques mois en arrière, Alexandra et moi avions prévu de nous retrouver chez elle le 23 janvier 2008 pour célébrer le dixième anniversaire de notre relation (elle m’avait ouvert sa porte pour la première fois le 23 janvier 1998). J’ai conservé sa réponse au message que je lui avais adressé quelques jours avant : « Oui je suis d’accord pour le 23 à 17h ! Je vais mettre le champagne au frais la veille et j’irai chercher des canapés chez Picard. Je m’occupe de tout. Il me tarde de vous revoir : toi et ma petite Béatrice !! Je t’embrasse très fort. Alexandra ». Ces quelques mots m’émeuvent encore maintenant. Ils résument très bien à eux seuls le dynamisme et la joie de vivre dont Alexandra a su faire part jusqu’à la fin.

Malheureusement, ce rendez-vous n’a jamais eu lieu. L’état de santé d’Alexandra s’est brusquement détérioré, nécessitant son hospitalisation en 58 02urgence le 20 janvier. Les jours et les semaines qui ont suivi, je me suis tenue informée de la situation par téléphone, soit directement auprès d’elle, lorsqu’elle se sentait la force de me répondre, soit par l’intermédiaire de Blandine (appelons-la Blandine jusqu’au bout) qui lui rendait régulièrement visite.

Notre dernière rencontre date du 27 mars 2008. Paris. Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, service Gaston Cordier, 2ème étage, chambre 217, où je l’ai trouvée en compagnie de George (appelons-le George jusqu’au bout), de retour d’une minuscule promenade à tout petits pas dans le couloir. J’étais très émue. Alexandra a évoqué la lourde opération qu’elle venait de subir et les projets qu’elle formait pour l’avenir : l’arrêt définitif de ses activités professionnelles, son départ programmé pour Marseille, la joie de se retrouver bientôt au milieu des siens, le souhait de pouvoir remonter de temps en temps à Paris afin de renouer avec ses amis, son souci de conserver des liens avec moi par messagerie… Son moral était bon. La manucure était passée. Sa présence et sa conversation lui avaient fait du bien. Elle se sentait belle et impeccable. Jusqu’au bout des ongles. Comme elle l’avait toujours été.

Je lui ai offert en cadeau le dernier épisode de « Béatrice » que je venais de rédiger, « En pensée, en parole » (à l’époque le 44ème). Rétrospectivement, je ne pense pas qu’elle ait eu le courage ou l’envie de le lire mais58 03 cela me faisait plaisir de le lui donner. Je voulais lui montrer que malgré les épreuves douloureuses qu’elle traversait, elle continuait à inspirer les jeux de sa petite soubrette. La partie était loin d’être finie. Son indisponibilité forcée était simplement momentanée. Je me disais aussi qu’un peu de lecture légère pourrait l’aider à se changer les idées.

De son côté, Alexandra a demandé à George de conserver à mon intention la petite culotte noire fendue que je mettais quand je lui rendais visite et que nous avions appelée « Exciting » pour nous amuser, la paire d’escarpins noirs à plateforme que j’avais également l’habitude de porter et dont elle avait fait l'acquisition dans les quartiers chauds de New York lors d’un voyage avec JB (appelons-le JB jusqu’au bout), ainsi qu’une paire de gants noirs d’opéra. J’étais éberluée. Il me semblait presque incongru que ma maîtresse puisse penser à ces détails dans de telles circonstances et dans l’état d’extrême faiblesse qui était le sien. En l’écoutant énumérer ces accessoires tout en sollicitant mon approbation du regard, je la sentais recomposer mentalement ma silhouette de soubrette. J’en avais les larmes aux yeux.

Puis George a eu la délicatesse de quitter la pièce pour nous laisser seules quelques instants. Prétextant de devoir s’absenter afin de préparer le dîner du soir (l’esclave mangeant la pitance de l’hôpital et rapportant en échange à sa maîtresse quelques bons petits plats du dehors). Alexandra a enchaîné : « Cela va nous faire tout drôle de ne plus nous voir ». La phrase que je redoutais. Celle qui pouvait être mal comprise. L’émotion a été trop forte. J’ai eu du mal à me contenir.

Je me suis cependant ressaisie et la conversation s’est prolongée. Comme si de rien n’était. Et58 04 puis, comme le temps s’écoulait, que je ne voulais pas m’imposer par ma présence car ma maîtresse avait surtout besoin de repos, il a bien fallu que nous nous séparions.

Elle était allongée sur son lit. Le dos calé contre son oreiller. Je me suis penchée vers elle. Nous nous sommes embrassées très tendrement, deux fois, puis deux fois encore, en faisant l’une et l’autre attention à nos gestes pour qu’ils soient les plus doux, les plus beaux et les plus attentionnés possibles. J’ai pris la main qu’elle me tendait, caressé ses doigts longs et fins, avant d’y déposer un baiser. Nous avons eu de la peine à dissimuler notre trouble. Nos regards se sont croisés longuement. Comme si nous revivions en silence tout ce que nous avions vécu. Comme si chacune voulait imprimer à tout jamais dans sa mémoire l’image de l’autre. Le visage d’Alexandra était très doux. Serein. Apaisé.

Je l’ai quittée à reculons en continuant à la fixer depuis le seuil de sa chambre. Pour ne pas couper le fil. Jusqu’à la fin. Nous avons échangé un dernier petit signe avec la main. Sans rien dire. Comme l’auraient fait deux enfants.

Puis j’ai refermé sa porte très doucement.

Et je me suis retrouvée seule.

Une sensation de vide infini m’a envahie.

Mon cœur s’est mis à saigner à en mourir.

Je venais de réaliser que j’avais sans doute vécu là le dernier épisode de notre histoire. Sans le savoir encore, je ne me trompais pas.

 

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Vendredi 6 décembre 2013 5 06 /12 /Déc /2013 06:00

59 01Maintenant que la « saga » de « Béatrice » est définitivement terminée et que l’heure est venue de nous quitter, que me reste-t-il encore à dire ou à faire ?

Il me reste d’abord à vous remercier très chaleureusement pour votre fidélité et pour l’intérêt que vous avez marqué à la lecture de l’histoire - mouvementée - de Béatrice. Sans doute l’avez-vous senti au fil des épisodes, cette histoire me tient particulièrement à cœur. Car à travers elle, j’ai bien conscience d’avoir vécu une expérience unique. Unique dans la mesure où il s’agit avant tout de mon histoire, d’une histoire très personnelle, celle d’une relation ô combien particulière entre deux êtres. Unique aussi et dans ce sens, déterminante, car je ne pouvais pas imaginer, quand elle a débuté, à quel point cette relation allait changer ma vie.

Au-delà de « Béatrice », mon vœu le plus cher est que vous conserviez très longtemps dans votre cœur le souvenir de la femme exceptionnelle qu’a été Alexandra.

Avec le sentiment du devoir accompli, je vais donc maintenant pouvoir prendre un peu de repos. Il sera le bienvenu. Je le crois nécessaire. Il faut que je me détache de cette histoire, que je prenne du recul, que je marque une coupure. A force de ressasser mes fantasmes par écrit, il ne faudrait pas que je finisse par devenir une obsédée textuelle.

Quoi qu’il en soit, mon repos devra rester léger. Les yeux mi-clos, en quelque sorte. De façon à être prête à intervenir si nécessaire. Ne serait-ce que pour vérifier à intervalles réguliers que mon blog existe toujours, qu’il fonctionne correctement, et qu’en particulier, il n’aura pas été pollué par des photos non souhaitées. Il faut que vous sachiez, en effet, que la formule d’abonnement de base offerte par la plateforme Overblog autorise certains sites commerciaux « érotiques » à insérer des photos et des publicités sur les blogs existants dés lors qu’une période d’inactivité (c’est-à-dire de non mise à jour) de plus de 35 jours a été constatée. La seule alternative laissée au propriétaire du blog dans cette hypothèse est limitée au choix entre des photos soft, hard ou gay ( ! ). J’essaierai donc de rester vigilante afin d’éviter que ma page d’accueil ne se mette soudainement à clignoter de tous ses feux comme la vitrine d’un sex-shop et je vous prie par avance d’accepter mes excuses s’il m’arrivait de tarder à effectuer les mises à jour nécessaires.

Auparavant, toutefois, j’aurai opéré une ultime retouche sur la présentation de mes textes. Au fur et à mesure de leur parution, il était logique, en effet, que les plus récents figurent en tête, de façon à être facilement accessibles. Mais maintenant que la série est complète, il me semble préférable de procéder dans l’ordre inverse afin que l’histoire se présente « la tête à l’endroit », dans le sens de la marche chronologique. J’envisage de le faire dans quelques mois, une fois que mes lecteurs « habituels » auront pris connaissance des derniers chapitres.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

Béatrice

PS : début janvier 2014, en principe, diffusion du 60ème et dernier article entièrement consacré au « making-of » de « Béatrice ».

 

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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Lundi 6 janvier 2014 1 06 /01 /Jan /2014 06:00

Avant de refermer "Béatrice" pour de bon, peut-être aimeriez-vous connaître comment ce blog est né et quel écho il a rencontré auprès des Internautes. Deux (bonnes) questions qui vont nous conduire à pénétrer dans les coulisses et à nous attarder quelques instants sur les personnages, les articles, les photos, les statistiques… bref, vous allez tout savoir (ou presque).

T1

 60 articles  

Commencé le 6 février 2009, le blog « Béatrice ou l’éducation d’une jeune soubrette », s’achève le 6 janvier 2014. Ce soixantième et dernier chapitre marque la fin d’une aventure qui aura duré tout juste 5 ans.

Inutile de chercher à le dissimuler, la disparition d’Alexandra en juin 2008 a provoqué un grand vide chez beaucoup d’entre nous. Ce départ, nous le pressentions mais nous n’osions pas y croire. Alexandra ne pouvait pas nous quitter maintenant. Surtout pas maintenant. Elle était trop belle. Trop parfaite. Trop connue. Elle avait formé trop de projets pour l’avenir. Elle rayonnait de gaieté et d’humour. Elle aimait trop la vie.

Personnellement, il m’a fallu de longs mois pour me rendre à l’évidence. Mais à toutes choses, malheur est bon, j’ai mis ce temps à profit pour réfléchir au moyen le plus approprié pour perpétuer son souvenir. Car il m’était impossible de l’oublier. Elle continuait d’accaparer mes pensées. Mes jours et mon sommeil. Elle était encore là. Je la sentais en permanence près de moi. Il fallait impérativement que d’une façon ou d’une autre, je continue à la faire vivre. Comment ?

L’idée m’est venue de retracer dans un blog les nombreux moments de pur bonheur qu’elle m’avait fait partager. Une sorte d’autobiographie mi-réelle mi-imaginaire. Comme si, en écrivant, je faisais le rêve de pouvoir revenir en arrière et de revivre ce que j’avais vécu. Comme si je pouvais traverser le miroir et reconstruire le passé.

J’ai donc délibérément donné la priorité à l’écriture. Car de mon point de vue, beaucoup plus que les photos, les récits érotiques présentent l’énorme avantage d’offrir la possibilité de « voir » la scène décrite non pas en images, mais par le prisme de notre imaginaire et de nos sens. En suggérant plus qu’ils ne décrivent, ils n’imposent rien et permettent au contraire aux fantasmes de s’épanouir.  

Pour ce faire, je disposais d’une base solide car j’avais accumulé de nombreux textes au fil de nos rencontres. Des documents présentant mes fantasmes - plus faciles pour moi à exprimer par écrit que par oral -, un peu flous et indistincts à l’origine, puis progressivement plus nets au fur et à mesure de nos échanges et de nos jeux, jusqu’à ce que se détache sans ambigüité possible le personnage de la soubrette. Mon personnage. Celui-ci a « officiellement » vu le jour en juillet 1999. Si c’est bien moi qui en ai formulé expressément la demande, c’est Alexandra qui lui a donné véritablement corps. Sans elle, il n’aurait certainement pas pu voir le jour. Elle a su magnifiquement lui donner vie. Sans doute en étudiant mes traits physiques et psychologiques, en m’observant enfiler ses robes et évoluer au milieu de ses invités, en analysant mes réactions… Pour que notre jeu soit de qualité, il était en effet crucial que nous nous sentions parfaitement à l’aise dans nos rôles respectifs. Et c’est tout à l’honneur d’Alexandra d’avoir deviné dès le début combien le personnage de Béatrice serait en adéquation - sans que je m’en rende compte encore - avec mes attentes. En ce sens, elle m’a donné la clé. Elle m’a révélée à moi-même.

 T2            

A l’issue d’une période de tâtonnements où nous avons fini par nous mettre d’accord sur mon prénom (ce qui n’a pas été une mince affaire), la série n’a pris véritablement son envol que début 2003 (le premier épisode, « L’entretien d’embauche », date du 20 février), soit 5 ans après ma première visite à Alexandra. Dans sa chronologie initiale, elle ne comportait que 44 épisodes et s’achevait fin mars 2008 (« En pensée, en parole… »). Plusieurs épisodes ont donc été terminés ou rajoutés après coup.

Chacun d’entre eux mériterait sans doute des explications particulières. Il serait cependant trop long d’entrer ici dans les détails. Plusieurs ont été effectivement joués en réel alors que d’autres sont restés du domaine de l’imaginaire. La plupart sont remplis de références et de clins d’œil à des lieux, des objets, des dates…  

Contentons-nous ici d’un seul exemple, l’épisode 33 (« Carte postale ») : le 26 juillet est le jour de la Sainte Anne, Lacoste est un village du Luberon célèbre pour son château qui abrita les fantaisies du marquis de Sade, Glendale House est le nom du manoir où vit « Lady L », l’héroïne du roman éponyme de Romain Gary (à lire absolument), tandis que « Solignargues » a été emprunté au roman « La mélancolie des innocents » de Jean-Pierre Milovanoff.

De même, il y aurait beaucoup à dire sur les personnages, qui ont chacun une histoire. Les rôles principaux sont tenus par Blandine et George. Rien de plus normal. L’une et l’autre faisaient partie de la vraie vie d’Alexandra et constituaient sa garde rapprochée à la scène comme au quotidien. Blandine était sa soubrette en titre et George (le prénom a été modifié) son équivalent masculin. Alexandra leur rend hommage dans l’interview qu’elle a accordée à « Fantasmes » en 2002 : « Leur bonheur est de veiller à mon bonheur, de précéder mes désirs… N’est-ce pas le rêve ? Ils me servent comme une reine. Et, en même temps, nous formons une sorte de famille. Avec moi, ils peuvent vivre comme ils se sentent véritablement en eux-mêmes : soubrette soumise pour l’un, esclave total pour l’autre. Ils m’aiment et je les aime. » L’histoire de Béatrice m’a donné l’occasion de rappeler leur disponibilité, leur gentillesse et leur dévouement total envers Alexandra, singulièrement durant les dernières années de sa vie.

Pour les besoins de l’histoire, George a pris les traits tour à tour ironiques et inquiétants d’un majordome inspiré des personnages joués par Paul Meurisse (1912-1979) - pour ceux à qui cette référence fait encore sens - et du « caractère » de Jeeves, le fidèle et hyper-intelligent valet de Bertie Wooster, dans la célèbre série écrite par P. G. Wodehouse (1881-1974).

A signaler également, trois autres personnages très liés à Alexandra et appartenant à son premier cercle : JB, qui apparaît seulement à la fin de la série sous les traits d’un ecclésiastique, directeur de conscience de la châtelaine de Glendale House, Harry, dit « le docteur », mais que j’aurais pu appeler aussi « le chauve », et enfin Pierre (Chapitre 16), un fidèle de la première heure.  

Je laisse aux meilleurs experts le soin de débusquer qui se cache derrière les traits de Max (chapitre 41), un personnage haut en couleur dont l’évocation nous mettait toujours, Alexandra et moi, d’excellente humeur.

En termes de format d’écriture, c’est celui de la nouvelle qui s’est naturellement imposé à moi comme modèle. Je souhaitais rédiger des textes courts, compacts, si possible dialogués et drôles, à l’image des scènes que j’avais vécues. La nouvelle m’est apparue comme une épure de roman, un roman réduit à l’essentiel dont la brièveté faisait l’originalité et le prix. Ce format correspondait également assez bien, à mon sens, à celui d’un blog.     

T3 

Restait à mettre les articles en forme et à les publier. Alexandra m’avait vivement recommandé de ne pas les diffuser tels quels - les internautes ne sont pas en règle générale des passionnés de lecture - mais de les égayer par des illustrations. Tenant compte de ses conseils, j’avais même réalisé quelques essais sous la forme d’une sorte de roman-photo. Nous en avions discuté ensemble la présentation. Elle était enthousiaste. L’objectif consistait à rendre l’image complémentaire du texte en déposant ici ou là quelques touches de couleur. Des petites « vignettes », comme elle les appelait. Ainsi est né le blog de Béatrice. Les premiers épisodes de celui-ci ont été diffusés par Alexandra de son vivant sur son site Internet à partir de 2004.

 Plus de 1000 photos    

Il y a lieu d’opérer ici une distinction entre deux catégories : les portraits d’Alexandra, d’une part, et les photos qui illustrent les épisodes, d’autre part.

Les portraits d’Alexandra (180 au total), ont rencontré un très vif succès au fur et à mesure de leur publication dans des albums. Ils ont des origines diverses et remontent, pour certaines, aux tout premiers débuts d’Alexandra dans son personnage de dominatrice. Je les dois pour une large part au photographe Christophe Mourthé. Certaines, plus anciennes, m’ont été transmises par mon ami Harry (appelons-le Harry jusqu’au bout), auxquels j’adresse au passage mes vifs remerciements. Un album spécifique (18 photos) regroupe par ailleurs les photos prises par le photographe Bruno Galant.

S’agissant des photos insérées dans les divers épisodes de la série, je dois admettre que celles-ci, plus que les textes, m’ont créé du souci. Certes, les photos et les films réalisés par Christophe Mourthé ont constitué un excellent fonds documentaire pour les premiers épisodes. Mais pour la suite, il a fallu que je me débrouille par moi-même et je dois avouer que l’exercice s’est révélé plus difficile que je ne l’imaginais. Une épreuve d’endurance, pour rechercher, tester, puis sélectionner, voire recadrer les illustrations les plus en adéquation avec le contenu du texte. Ni trop ni trop peu afin de conserver à l’écriture sa priorité sur l’image. Un mélange délibérément détonant - un peu excentrique, à l’anglaise - de clichés très convenables et de prises de vues nettement plus explicites, propres à piquer la curiosité de l’internaute sans tomber pour autant, je l’espère, dans la vulgarité. Et pour renforcer l’homogénéité de l’ensemble, un cadre délibérément britannique, avec ses manoirs, ses bonnes manières, ses gazons impeccables, ses rosiers, ses mixed-boarders, ses pubs, ses Bentleys, ses scones et ses muffins, ses uniformes de collégiennes, ses châtiments corporels…

4 vidéos réalisées par Christophe Mourthé  

Celles-ci ont exercé une influence déterminante dans la réalisation de mon blog car elles ont « crédibilisé » le personnage de Béatrice en lui conférant en quelque sorte un statut officiel. Non, Béatrice n’était pas le fruit d’une imagination débridée, elle ne faisait pas semblant, elle existait bel et bien. Tout un chacun pouvait l’observer s’habiller, apprendre à faire des petits pas et à monter des escaliers en compagnie de sa maîtresse et de Blandine, sa complice.

Tournées en novembre 2003 dans les studios de Christophe Mourthé, à Paris, ces vidéos n’ont jamais été diffusées. Les circonstances de l’époque en ont décidé autrement. Elles devaient faire partie d’un ensemble plus vaste qui se serait appelé « Latex in Red and Blue », la séquence « Béatrice » étant précédée et suivie de scènes tournées avec d’autres personnages.

La chance m’a été donnée de retrouver ces clips tels qu’ils avaient été montés par Alexandra elle-même en vue d’alimenter son site. J’ai pu les reconfigurer en 4 épisodes principaux et obtenir l’autorisation de Christophe de les diffuser sous cette forme près de 10 ans après. Le choix de YouTube pour la publication s’est imposé de lui-même, tant d’un point de vue technique (site accepté sur Overblog) qu’en raison de la notoriété mondiale de cette plateforme.

  T4       

En résumé…  

En 5 ans, le blog « Béatrice » a accueilli 89 358 visiteurs au total. Ceux-ci ont consulté 285 645 pages, soit en moyenne et par mois, respectivement 1 490 visiteurs et 4 760 pages.  

Parallèlement, les 4 vidéos tournées par Christophe Mourthé et diffusées sous YouTube ont connu un vif succès. « Le corset noir », à lui seul, a attiré 243 255 visiteurs sur les 8 premiers mois de 2013, soit près de 3 fois plus que le blog lui-même en 60 mois d’existence.

 

89 358 visiteurs (Tableau T 01)  

Plutôt stable jusqu’à mi-2011, le nombre de visiteurs a connu une progression significative par la suite. 89 358 visites au total sur la période ont ainsi été enregistrées, le mois le plus bas se situant en février 2009 (183) et le mois le plus élevé en octobre 2012 (3 652). La journée record a été observée le 25 mai 2012 (535).

285 645 pages vues (Tableau T 02)  

Le profil de la courbe du nombre des pages vues a suivi (logiquement) celui du nombre des visiteurs. Le mois le plus creux correspond au démarrage du blog (570 en février 2009) alors que le pic est atteint en mai 2012 (11 722), avec une journée record de 2 841 pages vues le 25. L’excellent score de ce mois de mai 2012 est lié, pour une large part, à une affluence exceptionnelle de visiteurs fétichistes de la fourrure, en liaison avec la diffusion par le site http://www.furfashionguide.com des photos d’Alexandra par Bruno Galant.

Nombre de pages vues par visiteurs et par mois (Tableau T 03)  

Comprise entre approximativement 2 et 3 pages vues par visiteurs et par mois jusqu’à fin 2010, le taux de lecture a eu tendance à progresser par la suite et a cuminé en août 2011 (5 pages).

Des centres d’intérêt diversifiés  

Difficile de retracer précisément l’évolution des faveurs du public au cours de ces 5 années. La fréquentation, en effet, n’a pas manqué de varier au gré de l’actualité du blog, de la nature des thèmes abordés ou de la publication de certains documents, tels que les albums photos ou les vidéos.

A titre d'exemple, le tableau T 04 fait ressortir les principaux contenus consultés à fin septembre 2013 (au cours des 30 jous précédents).

Par ordre décroissant, s’affiche d’abord la page d’accueil. Comme son nom l’indique, il s’agit de la page qui s’affiche automatiquement à l’écran lorsque l’on a saisi l’adresse générique du blog. En quelque sorte, le premier contact visuel avec ce dernier. Cette information n’est pas en soi entièrement signifiante dans la mesure où le visiteur, une fois entré, a la possibilité de naviguer librement et de passer d’un article à l’autre sans avoir préalablement sélectionné un contenu particulier.

Viennent ensuite les catégories : Overblog rend, en effet, possible un regroupement des articles par catégories à condition que celles-ci aient été préalablement définies par le propriétaire du blog. Le visiteur peut ainsi accéder directement aux thèmes qui l’intéressent.

Appliqué au cas de « Béatrice », le choix de catégories pertinentes n’a pas toujours été aisé car, sauf exception visant un sujet précis (la cage de chasteté par exemple), les épisodes de la série couvrent le plus souvent une palette de fantasmes (soumission, exhibition, féminisation, etc…) qui se recoupent et se complètent.

Sous ces réserves, les catégories les plus visitées ont été les suivantes (par ordre décroissant d’intérêt) :  

  • Féminisation
  • Éducation anglaise
  • Maîtresse Alexandra
  • Soumission
  • Fessée

Les articles individuels se classent en troisième position. A fin septembre 2013, le « top 10 » des plus gros succès des 30 derniers jours se présentait de la façon suivante (entre parenthèses, le numéro des articles correspondants) :

  • Deux vidéos de Maîtresse Alexandra (49)      
  • Deux autres vidéos de Maîtresse Alexandra (50)
  • L’art de la fessée 2 (43)
  • Oui, j’ai vraiment péché (56)
  • Par action et par omission (55)
  • Au pilori (48)
  • L’art de la fessée 1 (42)      
  • L’aveu (47)
  • Avec mon meilleur souvenir du Luberon (51)
  • Soirée privée (38)

 

 T5           

Les albums photos figurent en quatrième position. Les deux albums consacrés aux portraits d’Alexandra arrivent très nettement en tête des consultations, suivis, assez loin derrière, par les albums spécifiques (« Une fessée magistrale », « Le corset noir », « Les petits pas », « Le corset rouge »).

On notera enfin la part non négligeable des mobiles, en liaison avec la forte progression des smartphones au cours de ces dernières années.

Un blog « visible » et bien référencé  

Dans la terminologie d’Overblog, la consultation d’un blog est possible :

  • au moyen de liens externes, (certains sites/blogs externes renvoient à votre blog) ;
  • par accès direct (les visiteurs saisissent directement l’adresse du blog dans la barre d’adresse de leur navigateur internet (Internet Explorer, Firefox …) ou bien l’ont enregistrée dans leurs favoris) ;
  • grâce à un moteur de recherche (ce qui permet au gestionnaire du blog de prendre connaissance des mots clés les plus utilisés) ;
  • par l’intermédiaire de communautés Overblog (celles-ci regroupent les articles de plusieurs blogs en fonction de thèmes communs, ce qui en augmente la visibilité. Le propriétaire d’un blog peut créer sa propre communauté ou bien adhérer à une communauté existante.

Le tableau T 05 fait ressortir la prédominance des 2 premiers modes d’accès évoqués ci-dessus. La part importante des liens externes (57%) et des accès directs (30%) peut être perçue comme un indicateur de notoriété et de fidélisation de la clientèle.  

Le Blog Rank  

Derrière ce terme un peu barbare se cache un indice de qualité calculé chaque nuit par Overblog à partir d’un algorithme complexe qui prend en compte de nombreux critères. Étalonné entre 0 et 100, il traduit l’activité du blog ainsi que l’intérêt porté par les visiteurs. Un Blog Rank élevé signifie que le blog a été mis à jour récemment et que les visiteurs qui l’ont consulté l’ont trouvé intéressant.

Parmi les informations qui interviennent dans son calcul, le Blog Rank prend en compte :

  • la régularité dans la mise à jour et l’ajout d’articles      
  • le temps passé par les visiteurs sur le blog et par article
  • le nombre d’articles lus par visiteur
  • le nombre d’abonnés à la newsletter (le cas échéant)
  • le nombre de visites spontanées ne venant pas d’un moteur de recherche (indice de récurrence)
  • l’activité récente (nombre d’articles publiés dans les 30 derniers jours)
  • le nombre de commentaires récents
  • l’audience globale

Le tableau T 06 retrace l’évolution mensuelle de cet indice. Celui-ci a évolué entre 16 (février 2009) et 70 (mai et novembre 2012).  

   T6       

Répartition par communautés

Le rattachement des articles de « Béatrice » à des communautés Overblog existantes a été réalisé en tenant compte de l’intérêt présumé de ses membres pour les sujets traités. Difficile, cependant, d’identifier a priori la meilleure communauté d’hébergement.  

Au total, « Béatrice » a été rattachée à 4 communautés :

  • « Soumission et dépendance »
  • « Le sexe sans tabous »      
  • « Blog sexe des amis »
  • « Plaisirs SM »

Pour autant, ce rattachement ne s’est pas traduit par un surcroît de fréquentation. Les résultats observés montrent, en effet, que ce mode d’accès a été très peu emprunté par les visiteurs (cf. tableau T 05).    

Un classement général en nette progression au sein de la communauté des blogs hébergés par la plateforme Overblog    

A la mi-avril 2010, soit un peu plus d’un an après le démarrage de « Béatrice », Overblog a pris l’initiative de publier un classement bimensuel portant sur les 2000 blogs les plus visités sur sa plateforme. Cet indicateur, venu opportunément compléter ceux déjà mentionnés, m’a apporté des informations intéressantes sur l’évolution de mon blog, tant en valeur absolue (est-il ou non classé parmi les meilleurs ?) qu’en valeur relative (a-t-il plutôt tendance à progresser ou à reculer d’un mois sur l’autre ?).

Le tableau T 07 (à lire « à l’envers ») met en relief la progression quasi continue du rang de classement, qui a évolué à l’intérieur d’un couloir compris entre la 1851ème place (août 2010) et la 421ème (mai 2012). Il est à regretter que cette statistique n’ait pas été régulièrement actualisée depuis cette date par le gestionnaire de la plateforme. Aux dernières nouvelles, cependant, « Béatrice » aurait continué à progresser et occuperait maintenant la 334ème position.  

   T7       

Une autre source d'information (www.webstatsdomain.org) évalue la valeur marchande de mon blog à 28 495 $ US et présente ce dernier comme le "15 839th most visited website in the world (among the 30 million domains)".  

Commentaires déposés par les visiteurs  

Au total, 51 commentaires ont été déposés par les internautes. Je me suis autorisée à en supprimer 5, considérant qu’ils n’apportaient pas grand-chose au sujet. Les 46 restants, le plus souvent positifs, ont constitué pour moi de véritables encouragements à poursuivre mon entreprise. Ils m’ont surtout témoigné de l’énorme capital de sympathie et d’estime dont jouissait Alexandra. Ceux qui l’ont connue en ont conservé un souvenir ému. Tandis que ceux qui l’ont découverte à travers mon blog auraient manifestement apprécié de la rencontrer. J’ai ainsi fait des connaissances intéressantes, recueilli des témoignages individuels et même récupéré quelques photos inédites qui sont venues compléter à propos celles dont je disposais déjà. Mes sincères remerciements s’adressent à ceux et à celles qui, dépassant le stade de la lecture, ont apporté une contribution personnelle à ce blog.  

Immense succès des vidéos de Christophe Mourthé et singulièrement du « Corset noir »  

Les 4 vidéos inédites, tournées dans les studios de Christophe Mourthé en 2003 et diffusées sur YouTube fin 2012-début 2013, ont connu un succès retentissant. Mais un succès inégal dans la mesure où une seule d’entre elles, « Le corset noir », a véritablement « cartonné » alors que les trois autres ont été beaucoup moins visionnées.

Cette situation est largement due à une cause technique liée aux options de diffusion et de partage associées à ces vidéos. La vidéo la plus ancienne, « Le corset rouge » (décembre 2012), en effet, a été retirée unilatéralement par YouTube très peu de temps après (février 2013) au motif qu’elle ne respectait pas « les règles (de YouTube) concernant la nudité et le contenu à caractère sexuel. » La deuxième, « Le corset noir », diffusée un mois après (janvier 2013), a connu le même sort mais, heureusement, un peu plus tard (fin août 2013).

Les deux « corsets » ont pu être maintenus sur YouTube mais avec un statut « non répertorié » (accessibilité limitée aux internautes qui connaissent le lien), ce qui les a privés par conséquent de la couverture médiatique la plus large (statut « public ») dont ils bénéficiaient jusque-là (mention sur tous les espaces publics de YouTube, tels que les résultats de recherche, ou la chaîne et la page d’accueil de l’abonné).

T8  

Les deux vidéos suivantes, « Les petits pas » et « Une fessée magistrale », n’ont pas eu à subir l’affront d’une nouvelle censure dans la mesure où elles ont été d’emblée classées en tant que « non répertoriées ».  

Cela étant, « Le corset noir », doté d’un statut « public » pendant 8 mois, a pu bénéficier de toute la puissance de feu de YouTube au cours de cette période et rencontrer une audience exceptionnelle.

Ainsi, avec plus de 243 000 visiteurs (tableau T 08), essentiellement des hommes (86%), « Le corset noir » a dépassé à lui seul et de très loin, le total de fréquentation du blog en son entier depuis sa création.

La durée cumulée de visionnement (retracée mois par mois et en minutes dans le tableau T 09) est évaluée par YouTube à 246 jours et 13 heures.

Les statistiques géographiques (tableau T 10) font ressortir une provenance très diversifiée des internautes (ce qui explique l'importance de la part "Autres"), preuve, s’il en était besoin, que le fantasme de la « French maid » ne connaît pas de frontières. Les trois premières marches du podium sont occupées respectivement par les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La France, pour sa part, n’apparaît qu’au 4ème rang, suivie par l’Italie. Pour l’anecdote, le pays qui apparait en 6ème position (avec 3% de part de marché) est de façon surprenante l’Arabie saoudite.

 T9     

Un bilan globalement positif

Au bout du compte, ai-je finalement atteint mon objectif ? Celui de faire partager mon témoignage d’admiration et de gratitude envers Alexandra ? J’inclinerais à répondre oui, vu l’écho positif que mon blog a suscité. Je m’en réjouis. Ce qui est sûr, c’est que je n’aurais jamais pu atteindre un nombre aussi élevé de lecteurs si j’avais choisi de publier « Béatrice » sous la forme d’un livre de souvenirs ou d’un quelconque support écrit traditionnel.

Le classement de mon blog, disons dans la moyenne supérieure, constitue pour moi une sorte de récompense. Le résultat d’un travail régulier et constant. La confirmation de l’image ineffaçable qu’Alexandra a laissée auprès de celles et ceux qui l’ont connue. Le reflet du capital persistant de sympathie et d’admiration qu’elle suscite encore aujourd’hui. Je suis en particulier très heureuse d’avoir pu lui offrir - après coup - le succès considérable des vidéos tournées avec Christophe Mourthé.

Certes, mon blog ne s’est pas hissé en haut du palmarès. Mais cela ne m’a ni surprise ni contrariée. Dés l’origine, j’avais totalement exclu de promouvoir un site racoleur. J’ai banni - pour autant que je le pouvais - toutes les offres publicitaires et de « monétisation » qui m’étaient proposées. Je n’ai donc jamais cherché à occuper les premières places. Vous l’aurez compris, mon objectif était tout autre. Et pour vous dire la vérité sur ce point, je me suis sentie plutôt gênée de devoir coexister sur Overblog avec un grand nombre de blogs dits « érotiques » dont je désapprouvais le contenu.

    T10  

Et puis, un autre élément n’a sans doute pas joué non plus en ma faveur : la fréquence de parution de mes articles. En adoptant une cadence mensuelle, je ne me suis pas conformée à ce que l’on attend ordinairement d’un blog : des textes au fil de l’eau, branchés sur l’actualité, propres à déclencher des réactions et des échanges. Au lieu de tout cela, j’ai préféré me fixer une allure modérée, de façon à prendre le temps de mettre au point des documents - textes et images - dont je pourrais me déclarer pleinement satisfaite. Somme toute, une démarche plus de romancière - ou plutôt de nouvelliste - que de bloggeuse.  

A la réflexion, le choix de ce rythme mensuel me semble avoir été également et inconsciemment dicté par deux autres considérations : d’une part, le plaisir un peu égoïste de pouvoir déguster en prenant tout mon temps les situations que j’avais vécues ou imaginées, d’autre part, la volonté de faire durer l’histoire afin que l’image d’Alexandra se prolonge le plus longtemps possible...

Voilà ! Vous en savez maintenant un peu plus.

Mon blog s'achève donc, comme prévu, à l'issue de son 60ème épisode. Mais il continue à vivre grâce aux nombreuses consultations dont il fait l'objet (au 31/08/2016, 146 741 visiteurs pour 448 321 pages lues.) Merci à vous ! 

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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  • : Béatrice ou l'éducation d'une jeune soubrette
  • : Quelques épisodes marquants de la vie de Béatrice, jeune soubrette débutante, au service de Lady Alexandra, son implacable maîtresse.
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  • : 05/02/2009

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