Interview à "Dresseuse" (1998)

Dresseuse-01.jpgVous trouverez, ci-dessous, la retranscription de l’interview donnée par Maîtresse Alexandra à « Dresseuse », à l’occasion de la parution du  premier numéro de cette revue (1998). 

Je suis personnellement très reconnaissante à Mac’Miche, fidèle lecteur de mon blog, de me l’avoir communiquée et je m’empresse de vous l’offrir en partage.

 * * *

Élégante parisienne le jour, Alexandra se métamorphose en dresseuse le soir. Double vie ? Non, Alexandra vit simplement une sexualité épanouie où elle prend plaisir à renverser les rôles imposés par notre société : elle dirige les hommes.

Beaucoup d’autres femmes partagent la sensibilité d’Alexandra, ce sont des directrices commerciales, des secrétaires, des artistes, des étudiantes qui, telles des roses épineuses, éclosent la nuit, vêtues de cuir ou de latex, ardentes guerrières de leur souveraineté érotique. Loin de s’enfermer dans une sexualité à sens unique, faite de règles et de codes, les dresseuses modernes affirment leur volonté d’une véritable émancipation libertine où, enfin, elles peuvent concrétiser leurs propres fantasmes.

Alexandra nous fait mieux comprendre les envies et les désirs des nombreuses femmes qui aiment être réellement satisfaites par des hommes.

 

JE SUIS UNE DRESSEUSE

 

Dresseuse-Alexandra, la domination est-elle pour vous une source de satisfactions ?

Oui, et celles-ci sont multiples. Par exemple, je dois reconnaitre qu’il est valorisant d’avoir un homme qui s’occupe de moi, qui est à mes petits soins, qui m’assiste pour m’habiller ou lacer mon corset : je me sens encore plus femme. Mais, pour moi, la domination est aussi une revanche car j’ai vécu une jeunesse où j’étais constamment punie par une mère qui voulait faire de moi une petite fille modèle : elle me punissait parce que j’avais un ton trop sec ou un ton trop haut, parce que j’étais, à ses yeux, trop indépendante et trop autoritaire. La domination est mon exutoire, on m’apprécie pour ce qu’on me reprochait autrefois. Pouvoir vivre ces éléments de ma personnalité m’a permis de mieux m’analyser, de comprendre ce qui n’allait pas dans mes gestes et ma façon de parler pour une vie sociale réussie. J’ai ainsi appris à mieux canaliser et maîtriser mon énergie, mon « jardin secret » m’a aidé à modifier mon comportement dans la vie de tous les jours.

Vous préférez diriger les hommes ?

Oui, j’ai plus d’affinités avec les hommes. Je me sens proche d’eux. Je les sens aussi attirés par moi et je joue avec cela, m’amusant à allumer et attiser le feu sans jamais l’éteindre… On neDresseuse-02.jpg domine pas un homme et une femme de la même manière. L’homme réagit avec sa tête et avec son sexe, tandis que la femme réagit d’abord avec son cœur plutôt qu’avec son sexe. Une femme est très rarement soumise parce qu’elle le désire, elle joue pour faire plaisir à son homme, par exhibition, par amour, ou pour garder cet homme. L’homme soumis, lui, rencontre des dominatrices pour son propre plaisir. Je ne dis pas que les femmes soumises n’ont aucun plaisir mais je dis qu’elles ne prennent pas l’initiative de la démarche. Pour moi, le plaisir est donc moindre.

Et vous, où est votre plaisir ?

Être adorée. J’aime que les hommes m’adorent comme ils adoreraient la plus belle des femmes. Ils doivent me prouver leur adoration de différentes manières, par exemple en étant humiliés. Si je fais la connaissance d’un homme d’affaires qui dirige sa secrétaire de main de maître, je n’aurai de cesse de le voir faire le ménage chez moi avec un plumeau dans les fesses. Je peux aussi l’obliger à porter une ceinture de chasteté sous son pantalon pour m’accompagner au restaurant, il est évidemment persuadé que tout le monde va le découvrir. J’aime imposer à un homme le port de bas sans chaussettes puis, encore au restaurant, je lui ordonne de remonter son pantalon pour que les clients puissent bien voir la naissance de ses bas.

Quels sont vos jeux favoris ?

J’adore attacher un homme. J’aime le rendre dépendant. Quand un homme est attaché - après être venue à la rencontre de ses désirs - j’aime l’amener à subir ce qu’il redoute, ce qu’il m’a dit ne pas aimer mais, évidemment, à condition qu’il le supporte. Je joue avec ses limites. J’aime mettre un bâillon à cet homme, il n’y a plus que ses yeux qui parlent. Je me régale, je tourne autour de lui comme un fauve qui tourne autour de sa proie avant de la dévorer.

Vous aimez rester très féminine pendant vos jeux ?

Toujours. Je n’ai jamais un mot plus haut que l’autre. Je déteste la vulgarité et les gros mots. On peut traiter un homme de « petite salope » sans être vulgaire, c’est une question de ton. Si mon partenaire fantasme sur une Maîtresse avec une casquette en cuir et une combinaison de vinyle noir, je vais lui faire ce plaisir tout en restant très féminine. La féminité sera dans un bijou, dans des gants précieux, dans la cuissarde qui comportera une décoration plutôt qu’une chaîne et, surtout, dans mon attitude, alternant douceur et contrainte.

Même lorsque vous inversez les rôles ?

99% des hommes adorent qu’on les sodomise, j’aime les pénétrer mais je suis toujours une femme. Il m’arrive de mettre des jupes amples et de cacher un petit gode-ceinture en dessous et quand je soulève ma jupe, hop, je fais voir ce qu’il y a dessous : je suis la femme phallique.

Dresseuse-03.jpgOn a l’impression que vous vous amusez énormément.

Oui, je déborde d’imagination. Par exemple, je vais demander à un homme de jouer le rôle d’un espion qui tente de faire passer des microfilms dans un aéroport. Je surveille cet homme sur mes écrans vidéos, je décide de l’arrêter, je l’emprisonne, je lui fais subir une fouille complète, je le questionne, je le fais avouer. C’est un jeu qui se joue à deux car il est important que l’espion ait de la répartie, de la résistance. Si l’homme obéit à tous mes ordres, le jeu n’est plus drôle, autant avoir une poupée mécanique. J’aime qu’on me tienne tête quand je sais que ça fait partie du jeu, on peut beaucoup s’amuser. Il faut évidemment que les deux personnes soient consentantes, c’est indispensable. Il y a une espèce d’émulation entre les deux partenaires qui rivalisent d’inventivité, qui se lancent comme des défis.

Est-ce qu’il vous est parfois difficile d’imposer votre sensibilité et vos goûts aux hommes ?

Pas du tout. En fait, au fond de moi-même, je dois être un peu mec, je dois être un homme dans un corps de femme. Je m’assume toute seule, je mène ma vie comme un homme, je décide, j’ai toujours eu un tempérament de décideuse, de « manager ».

Par contre, si un homme est mon amant, j’aime qu’il choisisse pour moi le concert ou le restaurant où il va m’inviter. Je prends des décisions toute la journée, alors ça me plaît aussi quand un homme décide à ma place.

Je suppose que ces jeux ne sont qu’une parenthèse de plaisir dans votre vie de femme ?

Tout à fait. Mes amants ne sont pas du tout soumis, je ne le souhaite pas. Je fais la différenceDresseuse-04.jpg entre mes partenaires pour un jeu de domination et mes amants. Dans ma relation amoureuse, je suis une femme, ni dominatrice, ni soumise. Je suis une femme dans le rôle de la femme, séductrice, dévastatrice, je veux que mon amant ne pense qu’à une seule chose : moi. Il faut fasciner un homme et il faut l’étonner, il ne faut pas tout lui donner non plus, parce qu’un homme désire plus fort ce qu’il ne peut pas avoir. Donc, il faut garder une apparence inabordable, inaccessible.

Aujourd’hui, la femme dirigeante est-elle une exception ?

La plupart du temps, la femme ne se rend pas compte qu’elle a le pouvoir sur l’homme, elle ne le sait pas ou ne veut pas le savoir. En fait, les femmes ont le pouvoir sur les hommes et ils adorent ça. Dans beaucoup d’endroits, ce pouvoir est caché car il ne fait pas partie des règles officielles de la société actuelle. Moi, j’aime faire plier des hommes de pouvoir : c’est ma folie. Plus ils sont haut placés, plus ils ont une situation importante dans la société, plus j’aime les soumettre. Je prends un vrai plaisir à mettre en contraste leurs fonctions et leurs pulsions.

Quelle est votre vision de la femme pour le prochain millénaire ?

Elle aura plus de pouvoirs. Je la souhaite au pouvoir… mais secondée par un homme.

 

Propos recueillis par Kyle Reese

Photos © Zaza 1998

 

Présentation

  • : Béatrice ou l'éducation d'une jeune soubrette
  • : Quelques épisodes marquants de la vie de Béatrice, jeune soubrette débutante, au service de Lady Alexandra, son implacable maîtresse.
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  • : 05/02/2009

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