Interview à "Playboy" (2004)

 

Vous trouverez, ci-dessous la retranscription de l’interview donnée par Maîtresse Alexandra au magazine Playboy (édition française) en 2004. Texte d’Agnès Giard. A défaut des photos originales (signées Christophe Mourthé et Doris Kloster) qui accompagnaient cette interview, celles qui les remplacent sont extraites du livre « Histoire d’O », illustré par D. Kloster et auquel a participé Maîtresse Alexandra.

 

ALEXANDRA, LA DOMINA QUI FAIT LA LOI

 

DK 01Alexandra est une des plus grandes dominatrices de France ! Grande par son expérience - quinze années de domination -, mais surtout pour l'extrême gentillesse avec laquelle elle traite tous ceux qui l'abordent : jamais hautaine ni méprisante, elle a su garder, malgré sa popularité, une exceptionnelle simplicité. Exceptionnelle, car la majorité des dominatrices, à force de se faire appeler "Maîtresse", finissent souvent par se prendre au sérieux. Alexandra reste lucide ; c'est rare. D'où sa réputation. Elle pose pour les plus grands photographes - Christophe Mourthé ou Doris Kloster -, figure en guest-star dans de nombreux livres de photos d'art, se fait interviewer par la presse japonaise et participe aux plus grandes fêtes fétichistes de Londres, New-York, Paris ou Amsterdam. Dans le milieu, c'est "spécial respect" : on peut la voir et lui parler de SM sans jamais avoir l'impression de tomber dans le glauque, et encore moins dans la mondanité. Alexandra écoute, rit, boit (modérément quand même !), ne se prend pas au sérieux et accorde son attention aux fantasmes des autres. Pour elle, les vices sont passions et les petits péchés d'incroyables trésors d'imagination. Elle vit le SM comme un scénario qu'il faut mettre en scène et jouer aussi sérieusement que le feraient les enfants. Elle s'amuse à revêtir tous les costumes de ce théâtre intime, tour à tour tragédienneDK 02 en cape noir, Wanda couverte de fourrure, cavalière dans un film de cape et d'épée ou femme-flic dans une série sexy policière. Le SM ? Un jeu de rôles. Les fantasmes ? Une source d'amusement. "Dans la vie, ce qui compte, c'est le plaisir, non ? Alors moi, je m'amuse." Désinhibée, rigolote, elle incarne pour de nombreux hommes l'idéal féminin du charme et de la séduction. Ils sont à ses pieds. Nous aussi, à vrai dire, car notre époque manque cruellement d'actrices aussi délicieusement perverses.

 

Quelle sorte de femme dominante êtes-vous ?

Cette sorte qui ne se prend pas au sérieux, mais j'ai l'impression que c'est rare ! Disons ludique et pleine d'humour, débordante d'imagination, complice, juste, fidèle en amitié...

Comment et quand avez-vous découvert vos penchants ? Quelle sorte de petite fille étiez-vous ?

Paradoxalement, j'ai découvert mes penchants très tard, en ce sens que je les ai identifiés seulement à l'âge adulte comme relevant de la domination ou des fantasmes SM. Mais je les ai vécus très tôt : ma mère m'accusant de toutes les bêtises, y compris de celles que je n'avais pas faites, j'ai bien évidemment débordé d'imagination pour n'en manquer aucune. Tous mes jouets étaient transformés en objets de torture, pour les autres, bien sûr. Par exemple, la petite machine à coudre offerte à Noël ne servait pas qu'à piquer le tissu ; les doigts de ma voisine s'en sont longtemps souvenus. Mon plaisir ne se limitait pas qu'à ses doigts torturés, la convaincre tous les jours de venir pousser le tissu malgré l'expérience douloureuse de la veille DK 03ou de l'avant-veille était un plaisir beaucoup plus raffiné, pervers et excitant. De même, mon pauvre chien subissait à l'époque les assauts du lavement, destiné à l'origine à ma poupée. Si jamais je voyais un enfant faire ça maintenant, je le gronderais certainement ! Mes poupées étaient souvent punies avant d'être balancées contre la porte du garage ! J'appréciais aussi beaucoup de donner des gifles à mon petit voisin, auquel j'interdisais ensuite de verser une larme ou de le répéter à sa mère sous peine d'en prendre davantage le lendemain. Voilà la petite fille que j'étais. Je constate que j'étais inconsciente, comme le sont les enfants, mais que mes jeux d'alors contenaient une forme de sadisme et que je serai bien incapable de reproduire aujourd'hui ce que je faisais subir à mes petits camarades !

Comment ont réagi vos proches par rapport à votre attirance pour ce qu'on appelle le SM ? Avez-vous dû vous battre pour affirmer votre sexualité ?

Les épisodes de mon enfance que je viens de raconter sont passés totalement inaperçus, ma mère, préférant me prêter des travers que je n'avais pas et des fautes que je n'avais pas commises ! Par la suite, une fois adulte, je n'ai jamais jugé nécessaire et indispensable de faire connaître "à mes proches" mes fantasmes. Pourquoi provoquer quand on sait que certains penchants ne peuvent que susciter chez la plupart incompréhension, gêne ou intolérance ? Ou pour que l'on vous enferme définitivement dans le monde du SM comme si vous ne pouviez pas vous intéresser et vibrer à d'autres choses ? Si on a constaté quelque chose, c'est indirectement, et plutôt en positif. Avant on me faisait souvent des reproches à propos de mon comportement autoritaire ou de mon ton de voix cassant. A partir du moment où je me suis mise à jouer à la "Maîtresse", cela m'a servi de défoulement et mon entourage m'a trouvée plusDK 04 équilibrée, avec un plus grand contrôle de moi-même, plus tolérante et compréhensive aussi. Amusant, non ? L'important est de se trouver soi-même, de se réaliser et de vivre en harmonie avec ses pulsions. Je parle de mes fantasmes avec ceux qui sont susceptibles de comprendre ou qui les partagent, mais je n'ai pas eu besoin de cela pour "affirmer ma sexualité", comme vous dites. Peut-être parce qu'elle ne me posait pas de problèmes.

Pourquoi avez-vous décidé de franchir le pas et d'endosser le rôle de la dominatrice ?

Pour moi, jouer à la dominatrice est un exutoire par rapport à la vie ordinaire et aux relations habituelles. Je peux vivre dans le jeu de la domination une part de ma personnalité qui serait peut-être devenue une source de problème dans la vie courante. Mais dans la mesure où elle peut s'exprimer, elle est maîtrisée et contrôlée. Et il faut bien dire que je m'amuse beaucoup dans ce rôle de la femme qui commande et dont on satisfait le moindre caprice.

Quelles furent vos premières expériences SM ? Comment se sont-elles déroulées ?

Avec un couple. J'habitais alors à Biarritz, et l'homme de ce couple voulait absolument que je domine sa femme, mais je n'arrivais pas à imaginer ce qu'il voulait exactement. Rendez-vous pris, ils ont joué le jeu et c'est là que je me suis vraiment découverte.

DK 05Que s'est-il passé ensuite ?

J'ai rencontré d'autres personnes qui partageaient mes goûts et qui, peu à peu, m'ont révélée à moi-même de plus en plus. Appelons cela faire sa psychothérapie. J'ai bien sûr aussi été attirée par la littérature et les activités sur le sujet, un peu partout dans le monde.

Possédez-vous un lieu et des accessoires spécialisés ?

Je crois que quand on a une passion, on a forcément tendance à accumuler ce qui s'y rapporte. Je suis personnellement très fétichiste du cuir, du vinyle et du latex. Et j'ai découvert qu'il existe dans ce domaine des créateurs talentueux, qui me permettent de réaliser mes fantasmes en m'offrant de porter les plus belles tenues de leurs collections.

Pourriez-vous tomber amoureuse d'un soumis ?

Pourquoi pas ? Être soumis dans le cadre SM n'est pas dévalorisant, d'autant plus qu'ils sont souvent dans la vie l'inverse de ce qu'ils sont pendant le jeu. C'est là qu'il ne faut pas confondre le jeu et la réalité ! Par contre, je serais incapable d'éprouver quoi que ce soit pour quelqu'un qui serait soumis dans la vraie vie, qui ne serait pas capable d'initiative et voudrait dépendre entièrement de moi. Brrr... L'horreur absolue !

Pour vous, le SM, c'est quoi ?

Le SM est pour moi essentiellement un jeu de rôles, une relation entre personnes totalement consentantes basée sur la vénération de la femme de la part de l'homme soumis et sur la séduction de ma part. Ce peut être pour moi, dans le cadre de cette relation, une façon de me défouler, un exutoire, comme je l'ai déjà dit, mais c'est aussi, quand nous sommes bien en phase, mon partenaire et moi, une façon d'aimer et de m'exprimer. Le soumis, lui, peut faire deDK 06 ce qu'il accepte de subir une offrande et un acte d'amour. Il y a beaucoup de complicité dans ce jeu à la fois érotique et psychologique. De toute façon, ce que je vis ou la manière dont je vis la domination, c'est tout sauf du sadisme. Je dis et je répète que c'est un jeu entre deux personnes adultes et consentantes, une forme de jeu amoureux.

Quelle sorte de SM aimez-vous pratiquer ?

L'adoration de la femme, ou, si vous préférez, le culte de la femme idéale, idéalisée. J'adore incarner LA femme dans les yeux d'un homme, j'adore recevoir l'hommage que l'homme lui rend en vénérant tout ce qui exprime la féminité ou la met en valeur. D'où l'importance du fétichisme. J'aime aussi les jeux de domination domestique, où l'homme est obligé de porter tous les accessoires féminins, objets de ses fantasmes. Corset bien serré, bas noirs à coutures, très hauts talons à brides fermées par un cadenas, longs gants noirs... Rien à voir avec le travestissement, où l'homme joue à être une femme ; non, c'est plutôt une sorte d'humiliation sur ce qu'il exige en principe d'une femme.

DK 07Comment choisissez-vous vos partenaires de jeux ? Et sur quels critères ?

Essentiellement lors de soirées ou chez des amis. C'est d'abord une question de rencontres et de hasard, de sympathie mutuelle aussi. Quand on se découvre des goûts communs ou complémentaires, le jeu peut commencer. La politesse, la courtoisie et la classe me disposent favorablement, évidemment. Mais l'inverse est vrai aussi !

Avez-vous des amis intimes soumis ?

Oui, j'ai des partenaires de jeux soumis, qui sont devenus des amis pour la vie. J'ai la faiblesse de croire qu'ils sont attachés à moi, pas à la main qui les a parfois, sur leur demande, corrigés ! Mais en dire plus à leur sujet serait manquer de discrétion...

Quel est le fantasme le plus étrange que vous ayez rencontré ?

Au cours d'une soirée, un homme s'est présenté devant moi avec ses couverts, couteau et fourchette. Il voulait que je joue la reine d'une tribu anthropophage dont il aurait été le prisonnier. Son rêve était d'être ficelé comme un rôti, gardé au frais, assaisonné puis goûté peu à peu ! Sinon, un jour, par jeu, j'avais ordonné à un ami qui adore se travestir de porter toute la journée sous ses vêtements masculins une culotte fendue, un porte-jarretelles et des bas résilles. En se rendant à son travail en bicyclette, il a eu unDK 08 accident et a dû être hospitalisé. Il s'est retrouvé tout bêtement aux urgences pour une radio de la hanche. Imaginez la tête des infirmières et la sienne...

Qu'est-ce qu'un bon soumis ?

Un partenaire de jeu fidèle, loyal, discret, qui s'abandonne en toute confiance, qui est sympathique, souriant, et plein d'humour... Quelqu'un qui, réalisant ses pulsions, s'épanouit et équilibre sa vie. Alors là, je suis contente d'être sa complice.

Qu'est-ce qu'une bonne dominatrice ?

Une femme maîtresse d'elle-même avant de prétendre l'être des autres, quelqu'un qui ne crie jamais, sûre d'elle, à la hauteur de toutes les situations, belle et inaccessible, qui se fait désirer et n'accorde quasiment rien, mais aussi une femme très intuitive, dotée d'une grande psychologie et de beaucoup d'imagination. Et enfin, quelqu'un qui s'amuse de ce jeu encore et toujours, jamais lassée, jamais répétitive...

 

 

 

 

 

Présentation

  • : Béatrice ou l'éducation d'une jeune soubrette
  • : Quelques épisodes marquants de la vie de Béatrice, jeune soubrette débutante, au service de Lady Alexandra, son implacable maîtresse.
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  • : 05/02/2009

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