Jeudi 6 septembre 2012 4 06 /09 /Sep /2012 06:00

44 01Oui, je sais, vous allez sans doute me trouver ridicule de tenir mon journal mais peu importe, je n’en ai pas honte. De toute façon, je ne peux pas m’en passer. C’est mon compagnon de tous les jours. Celui à qui je me confie et qui me rassure. Je le tiens depuis que je suis adolescente. J’y note tout ce qui me passe par la tête. Mes attentes. Mes joies. Mes émotions. Et surtout mes souvenirs. Les bons et les mauvais. En les posant sur le papier, j’ai l’impression de les retenir captifs. Comme des papillons épinglés dans un sous-verre. Et de pouvoir les revivre aussi. Car depuis que je suis au service de Madame, j’en ai accumulé des choses à raconter ! Elle m’a fait partager des moments tellement merveilleux qu’il serait dommage de les laisser s’envoler.   44 02

Maintenant que j’y repense, quand je suis arrivée au château, je devais vraiment avoir l’air d’une petite oie blanche ! A la vérité, je n’étais pas complètement née de la dernière pluie, mais je n’ai pas cherché à détromper Madame. D’une part, parce que j’ai immédiatement senti que, quoi que j’aie pu faire ava44 03nt d’être sa femme de chambre, elle était résolue à reprendre mon éducation à la base. A me dresser à sa guise. Si j’avais été un animal de compagnie, elle m’aurait appris à lever la patte. D’autre part, parce que j’aime beaucoup jouer à la vierge effarouchée. Enfin quand je dis effarouchée, je m’entends. Suffisamment accueillante pour ne pas décourager ces messieurs. Mais pas trop non plus pour ne pas avoir l’air de leur céder dès les préliminaires. Et puis, ils auraient la désagréable impression de pouvoir l’emporter sans combattre. Disons plutôt ambiguë. Innocente et perverse à la fois.

C’est comme ça que je me compose mon perso44 04nnage depuis le début. Ce n’est pas difficile. Il suffit de le vivre de l’intérieur. D’en faire un autre soi. Comme un pull-over dont on reconnaît l’odeur familière quand on l’enfile. Tout le reste est à l’avenant. La petite robe super courte. La coiffe blanche. Le tablier froncé. Les talons hauts. Les bas à coutures. Les petits pas, la poitrine bombée, les reins cambrés, les yeux baiss44 05és. Déférente. Soumise. Prête à se plier à tous les ordres. Sans jamais manifester mes sentiments. De révolte ou d’enthousiasme. Parfois, je n’arrive pas à me retenir. Je me pique au jeu et mon naturel reprend le dessus. Le plaisir l’emporte. Madame s’en rend compte. Tant pis pour moi ! De toute façon, je suis ainsi faite que j’apprécie autant la bêtise que la correction qui l’accompagne. Si Madame voulait vraiment me châtier, il faudrait plutôt qu’elle me prive de punition. Heureusement, cela n’arrive jamais. Du coup, je suis gagnante sur les deux tableaux. Je ne m’en lasse pas. Je finis même par me demander si je ne suis pas devenue vicieuse.

Hier, par exemple, je ne sais pas quelle mouche m’a44 06 piquée mais ça a été plus fort que moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer dans sa salle de bains pour lui chaparder un peu de parfum. Du Shalimar de Guerlain. Le flacon est tout en haut de l’étagère, à gauche. J’ai failli glisser du tabouret en me hissant pour le saisir. A peine une goutte derrière l’oreille. Presque rien. C’était super ! Blandine m’a regardé faire sans rien dire, l’air 44 07amusée. J’ai très vite compris pourquoi. C’était comme si je venais de signer mon crime. L’odorat de Madame est d’une subtilité incroyable. Du coup, ça n’a pas raté. Elle a tout de suite réalisé ce qui s’était passé. En un tournemain, je me suis retrouvée basculée sur ses genoux, culotte baissée. J’ai protesté et trépigné pour le principe. Des larmes de crocodile. Madame n’y a prêté aucune attention. Elle commence à être habituée. Depuis le temps, elle a parfaitement compris que je ferais n’importe quoi pour recevoir la fessée. A mains nues, au martinet, à la badine ou au battoir. Parfois, elle croit m’humilier davantage en me l’administrant en public mais je trouve au contraire que c’est encore plus excitant. C’est la même chose après, quand elle me met exprès au coin, à genoux, à un endroit où il y a beaucoup de passage, par exemple     au beau milieu de la pelouse devant le château.  

Mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est ce q44 08ui se passe après la punition, le dernier acte, après la tempête, une fois le calme revenu. Quand vient le temps du pardon. Celui où nous faisons la paix. Lorsqu’elle me fait un gros câlin, assise sur son canapé. Ou bien qu’elle reste debout devant moi et que je suis à genoux à ses pieds. Tout contre elle. Ma joue collée à son corps.

Nous nous sommes inventé ce petit rituel, ce petit infini. Afin 44 09de prolonger pour quelques minutes encore la pièce que nous venions de jouer. Un peu comme au théâtre, quand on s’embrasse, qu’on se touche, qu’on a besoin d’être intimes, de brûler les étapes, de vivre en une heure ou deux toute l’expérience d’une vie. Parce que cette expérience a été d’une intensité rare. Et que les paroles en rendraient mal la puissance. Parce que, comme au théâtre, notre jeu a été une affaire de corps, de contact, de sueur. Une affaire de peau.

Nous nous taisons. Le temps est suspendu. Il n’y a plus que le silence qui nous enveloppe. Elle et moi. J’entends les battements de son cœur. La tiédeur de sa peau imprègne le tissu de sa robe. « Tu ne recommenceras plus, Béatrice, tu me le promets ? » « Oui, Madame. » Je ne vais pas dire le contraire. Mais elle n’est pas dupe. Elle sait que dès le lendemain et peut-être m44 10ême avant, le démon me reprendra. De mon côté, sans trop chercher à me l’avouer, je ne suis pas loin de penser la même chose.

Qu’importe la suite, dans l’immédiat, je savoure un moment de bien-être absolu. Une parenthèse d’éternité. Une sensation de plénitude semblable à celle qu’un homme doit ressentir après l’amour. Je 44 11ne pense plus à rien. Je redeviens une enfant. J’enlace ses jambes. Ses hanches. Mon étreinte se resserre. Il n’y a que dans de pareilles occasions que je peux me permettre de caresser son corps. De l’effleurer à peine. Du bout des doigts. De le deviner. Je voudrais que mes gestes soient les plus tendres possible. Qu’ils traduisent les sentiments mêlés de respect et de sensualité qui m’animent. Qu’ils expriment ce que je ressens sans avoir à crever la bulle du silence pour le lui dire. Elle me laisse faire. Je crois qu’elle me comprend.

Au plus profond de mon rêve, je garde les yeux clos pour prolonger la magie du bonheur. L’obscurité protège. Ma joue repose contre sa robe. Je la respire. Pour bien faire, il faudrait que le temps s’arrête. Que je reste à ses pieds. Que je puisse la garder pour moi toute seule. Pour toujours.   44 12

Mais les minutes s'écoulent. Je dois me résigner. Accepter de renaître à la vie. De reprendre contact avec le monde environnant. Alors avant de me redresser, je dépose un dernier baiser au creux de son épaule. Et je finis par rouvrir les yeux. Bordés de reconnaissance. Embués de tendresse.  

C’est l’instant qu’elle guette. Celui où nos regards se croiseront à nouveau. Où elle me sourira. Où je saurai que je suis pardonnée. Où je comprendrai que je ne serais plus moi si je ne faisais plus de bêtises. Où nous serons heureuses.

 

 

Par Béatrice - Publié dans : Maîtresse Alexandra
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