Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 06:00

T24 01emps sec, soleil voilé. La nature anglaise frémit sous les premiers assauts glacés de l’automne. Dans la grande allée de platanes qui conduit au château, les feuilles mortes sont saupoudrées de givre. Venant du chenil, au fond du parc, le vent déforme par rafales les aboiements des chiens. La journée a été splendide, la partie 24 02de chasse un succès. Cadre magnifique. Gibier abondant. Compagnie agréable. C’était l’événement mondain à ne pas manquer. Le clou de la saison.

Extérieur nuit. Les chromes et l’acier froid des limousines brillent en bas du perron. Dans les étages, les valets et les femmes de chambre s’activent. L'excitation est à son comble. Un col à repasser. Une bride à recoudre. Les maîtres finissent de se préparer. Colliers de perles. Boutons de manchettes. Dernier coup d’œil de profil dans le miroir. Ultime goutte de parfum dans l’échancrure du décolleté. Un grand dîner va clore cette journée exceptionnelle. Celle dont on se souviendra longtem24 03ps. Un moment unique, à la mesure de la réputation et du talent de son organisatrice, Lady Alexandra.

Celle-ci se tient au pied de l’escalier pour accueillir ses invités, superbe, sensuelle, éblouissante dans une robe longue en bouillonné de tulle écume, vaporisé de jaune chartreuse, dont la ligne souple et fluide semble couler sur sa peau nue. Dans un ordre impeccable cadencé par le maître d’hôtel, les couples se succèdent en bas des marches. Tenue de soirée 24 04pour les femmes. Queue de pie et nœud papillon blanc pour les hommes. Lord and Lady Arthur McCordle. Mr and Mrs Hartford-Jones. Arrondi gracile des épaules féminines. Parures de diamants. Décorations. Chevalières armoriées. Lady Sylvia Trentham. Lord Antony Wilthorp. Hommages. Baisemains. Miss Laura Spencer. Mr Rupert Cunningham. Sourires. Compliments.

Ils pénètrent dans le grand salon, exceptionnellement ouvert pour l’occasion. Une pièce magnifique, où les bouquets et les ramages de perse qui drapent les fenêtres et recouvrent les sièges s’allient avec élégance aux boiseries et aux meubles du XVIIIè siècle. On y retrouve l’atmosphère chaleureuse des grandes maisons. Avec leur cercle intime où le canapé capitonné s’entoure de paires de fauteuils cabriolet Louis XV en hêtre blo24 05nd. Avec leurs tables à jeux en marqueterie de bois des Iles. Leurs petites commodes mouvementées en placage de bois de rose, de palissandre et d’amarante. Leurs tables bouillottes ceinturées d’une galerie de laiton, sur lesquelles sont posées des timbales en argent et des miniatures de famille. Des flammes crépitent dans la cheminée. Au fond de la pièce, sur le clavier d24 06’un Steinway immense, une jeune fille au teint blême et aux cheveux bruns tressés en macarons, égrène les alanguissements élégiaques d’un nocturne de Chopin.

Attentif derrière un grand buffet tendu d’une nappe immaculée, George, le maître d’hôtel en gilet rayé, s’empresse avec courtoisie.

- Une flûte de champagne, Madame ?

- Non, merci.

- Alors, un doigt de porto ?

Des petits groupes se forment. Les conversations s’engagent. Celle des messieurs vibre encore des émotions qu’ils viennent de partager, l’adresse des uns, la malchance des autres, le flair des chiens. Si la maîtresse de maison est incontestablement la reine de la soirée, Béatrice, sa jeune soubr24 07ette, est loin de passer inaperçue. Elle circule entre les invités, son plateau d’argent à la main. Souriante, silencieuse, sexy. La règle des trois « s ».    

Lady Alexandra a étudié personnellement le moindre détail de sa tenue. Sa petite jupe noire, évasée et taillée au plus juste, ne dissimule presque rien de son anatomie. Les jarretelles tendues sur ses bas noirs découvrent par contraste la fraîcheur virginale 24 08du haut de ses cuisses nues. Un corset, court et souple, mais très serré, affine sa taille, accentue le galbe de ses hanches et la cambrure de ses fesses rebondies. Les goussets dont il est équipé rehaussent le contour ferme de ses seins dont ils dégagent les pointes. Elle porte une petite culotte transparente, fendue par-devant et par-derrière (« Tu verras, ce sera beaucoup plus pratique !») et un minuscule tablier blanc dont les rubans empesés sont noués en boucles sages au creux de ses reins. Un soupçon de blush rosé sur ses pommettes juvéniles accentue son air innocent.

- Madame ? Monsieur ?

La soubrette tient son rôle à la perfection. Les messieurs interrompent courtoisement l24 09eurs propos lorsqu’elle se présente. Canapés assortis. Roquefort-noix. Tomate-mozzarella. Une petite flamme éclaire leurs regards. Les moins hardis s’autorisent à lui demander son prénom. Elle leur répond, l’air faussement gênée, comme si elle était contrainte de leur donner la clé de son jardin secret. Ils comprennent qu’elle est Française. Ah, la France, Paris, les Champs-Élysées, les jolies femmes ! Leurs pupilles se dilatent. 24 10 

- Elle est tout à fait charmante !

Certains s’aventurent à la questionner sur son âge. D’autres font semblant d’hésiter longuement entre les petites quiches lorraines et les navettes au sésame, de façon à garder le plus longtemps possible devant les yeux le spectacle fascinant des appâts généreux qu’elle leur tend.

- Si je m’écoutais, je goûterais bien ces deux-là !

La repartie provoque des sourires entendus. Béatrice fait mine de ne pas comprendre, attend que tout le monde soit servi et s’éclipse discrètement. A distance, plusieurs hommes l’examinent avec un œil exercé, tels des lads évaluant les qualités d’une pouliche. De leur côté, les femmes, jalouses et sentant le danger, braquent sur elle leurs regards acérés, les uns dilat24 11és, les autres, au contraire, étrécis par l’attention acharnée, farouche, qu’elle suscite. Toute sa personne est parcourue avec une égale impudeur, dévisagée, déshabillée, disséquée au scalpel de la tête aux pieds. 

Radieuse, Lady Alexandra circule de groupe en groupe tout en surveillant sa domestique. Ici, un homme évoque le charme de l’hôtel Cipriani, à deux pas de la place Saint-Marc.24 12 Un peu plus loin, une invitée s’étonne du peu de succès que continue de rencontrer « Polyphème », l’unique opéra créé par Jean Cras sur un poème     d’Albert Samain. A côté d’elle, une jeune femme interroge son voisin :

- Savez-vous qui est cet homme, là-bas, près de la fenêtre, avec une queue de cheval ? 

- [Pince sans rire] D’ici, c’est difficile à voir. Je n’ai pas l’impression que ce soit Rocco Siffredi !

Son interlocutrice le dévisage sans comprendre tandis qu’il essaie de garder son sérieux. A deux doigts de s’esclaffer, elle aussi, la maîtresse de maison s’empresse de s’éloigner.

Les deux mains occupées à tenir son plateau, Béatrice offre à ses admirateurs l’occasion inespérée de prendre l’initiative. D’engager des manœuvres d’approche. De passer à l’offensive. Sans se concerter, chacun semble avoir e24 13u la même idée au même moment. Sous la jupe de la soubrette, les mains s’insinuent, les doigts montent, descendent, à l’assaut de ce territoire vierge. Ils progressent sans rencontrer de résistance et s’attardent au contact si sensible de la peau tendre et moite, à l’intérieur de ses cuisses nues. Sa respiration se fait plus rapide. Si on ne le lui avait pas interdit, elle se mordrait les lèvres. 24 14 

A travers le tissu, ils flattent maintenant le renflement moelleux de son sexe. La pression est chaude, la main conquérante. Béatrice est prête à tout lâcher. Ses yeux implorent ceux de sa maîtresse. Elle comprend qu’elle n’a pas d’autre choix que de subir. Ce qu’elle redoutait se produit. Les doigts finissent par découvrir l’ouverture secrète dans sa petite culotte, l’accès à son intimité, l’autorisation implicite de s’y aventurer. Ses seins se mettent à gonfler. Elle sent leurs pointes se durcir. Et ce plateau qu’il faut absolument continuer à porter jusqu’à ce que chacun soit servi. Les doigts écartent les délicats pétales rosés et se posent sur le pistil de chair. Si elle pouvait, elle crierait. Elle se retient. Les muscles de sa vulve s’ouvrent et se contactent. Lady Alexandra la fixe en souriant.  24 15 

Le prétexte d’un réapprovisionnement au buffet lui permet de se tirer de ce mauvais pas et de recouvrer momentanément ses esprits. George est furieux :

- Si tu crois que je n’ai pas observé ton manège, petite allumeuse, tu te trompes, ta tenue est inadmissible, tu entends, inadmissible ! J’en ferai part à Madame, tu peux me faire confian24 16ce !

- Comme vous voulez, Monsieur George, mais j’aurai aussi des choses à lui dire, croyez-moi. Sur votre comportement avec moi, pour commencer. Je n’hésiterai pas à entrer dans les détails. Et puis, quoi qu’il en soit, dites-vous bien que je n’ai vraiment aucune leçon à recevoir d’un obsédé sexuel !

Le maître d’hôtel, vexé, renverse une flûte, tandis qu’elle repart, un grand sourire aux lèvres, son plateau réassorti, en tortillant du derrière de plus belle. Les orbites s’écarquillent. On croirait voir une batterie de lunettes astronomiques pointées sur le relief de la lune. Un invité impatient ne résiste pas à la tentation et interroge la maîtresse de maison en aparté :

- Elle a sûrement une spécialité ?

- [Lady Alexandra le regarde droit dans les yeux] Oui, elle sait tout faire !

Nouveau cercle. Rien que des messie24 17urs. C’est fou comme elle les attire. Et comme elle est attirée par eux. Pointe d’asperge et chèvre. Saumon fumé-crème de raifort. Regards appuyés. Clins d’œil complices. Les jeux de main reprennent. Un canapé tombe sur le tapis. Maladresse involontaire ou calcul délibéré. Béatrice pose son plateau et se penche pour le ramasser, sans plier les genoux comme24 18 on le lui a appris, offrant en spectacle la vision de ses reins tendus. Elle sent aussitôt dans son dos une main s’insinuer calmement entre ses cuisses et dégager la fente de sa petite culotte. Deux doigts se glissent à l’intérieur de son sexe pour la forcer à s’ouvrir, allant et venant jusqu’à ce qu’elle cambre le dos malgré elle. Ils reviennent ensuite en arrière, écartent ses petites fesses roses et potelées et s’introduisent dans l’orifice étroit.

- [Lady Alexandra, à qui la scène n’a pas échappé, fait signe à sa soubrette] Béatrice ?

- Oui, Madame.

- Décidément, je ne sais pas ce qui se passe ce soir, mais ces messieurs ont la tête ailleurs ! va donc vite là-bas, près de la cheminée, aider Mr. Hopkins. Il vient de faire tomber quelque chose par terre.

Encore un peu de pratique et Béatrice apprendra vite que le coup du petit four qui vous échappe des mains est un classique des cocktails mondains.

Par Béatrice - Publié dans : Exhibition - Communauté : blog sexe des amis
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  • : Béatrice ou l'éducation d'une jeune soubrette
  • : Quelques épisodes marquants de la vie de Béatrice, jeune soubrette débutante, au service de Lady Alexandra, son implacable maîtresse.
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  • : 05/02/2009

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